Résistance et ouverture - Page 8

  • Choisir sa mort : à quoi au juste disons-nous oui ?

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    Dans son édition de la semaine dernière, l’Hebdo nous fait part de son sondage exclusif sur l’assistance au suicide : 75% des Suisses diraient « oui » à cette mort choisie. En parcourant le journal, je suis frappé par le voisinage de l’article concerné à ce sujet et le compte-rendu qui nous est proposé du dernier livre de Régis Debray sous le titre « cette fraternité qui nous manque ». Je me demande si la réflexion présentée par l’essayiste français ne devrait pas amener une lecture critique de nos choix par rapport à l’autodélivrance. Cette manière d’envisager sa mort, n’est-elle pas une des conséquences du « moi-je » qui oublie le « nous », seul capable  de m’inscrire dans une histoire et une communion humaines ?

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  • La Constituante a atteint son camp de base

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    Voici 4 mois que les membres de la Constituante ont été élu-e-s. Je rencontre souvent des gens intéressés qui me demandent où nous en sommes. Il est vrai que la Constituante a eu besoin d'un peu de temps pour s'organiser et s'équiper. Rien n'avait été prévu à l'avance et ces dernières semaines, les quatre co-président-e-s, le bureau ainsi que les groupes ont travaillé dans l'ombre mais intensément pour se donner les moyens et les outils indispensables pour la suite du travail. Il nous manque encore un-e secrétaire général-e, mais la procédure est en cours pour trouver cette personne-clé qui devra nous aider dans le suivi de l'organisation, de la planification et de la communication. La Constituante devrait bientôt disposer d'un site internet et aussi d'un bulletin pour informer largement la population genevoise et l'associer à sa démarche.

    Toujours est-il au'après cette marche d’approche (pas si longue en comparaison du temps qu'il a fallu dans d'autres cantons pour faire ce même exercice), la Constituante se trouve maintenant au camp de base et s’apprête à lancer dès le 26 mars ses commissions thématiques à l’assaut des sommets ! Cette parabole montagnarde pour  dire qu’il est temps que la population genevoise transmette ses propositions afin qu’elles puissent être prises à temps dans les sacs à dos des membres de la Constituante.

    Le règlement adopté il y a quelques semaines par la Constituante prévoit deux possibilités de lui transmettre des idées ou propositions :

    1. La pétition : toute personne ou groupement peut adresser à l’Assemblée une proposition ou un souhait concernant le projet de constitution. Dans ce cas le bureau ou la conférence de coordination prend connaissance de la pétition, l’enregistre dans la base de données et la transmet à la commission thématique compétente. Les commissions décident librement de la suite qu’elles entendent donner aux pétitions qui leur sont transmises (art. 63) .

    2. La proposition collective : soutenue par au moins 500 signatures, elle est soumise à la commission thématique compétente qui y répond, en principe dans le cadre de l’un de ses rapports présenté en plénière (art.64).

     

    Adresse pour la transmission des propositions :

    Assemblée Constituante genevoise

    Case postale 3919 - 1211 Genève 3

    proposition@constituante.ge.ch

     

    Dans la planification envisagée pour le moment, les propositions vont être rassemblées et traitées depuis ce printemps jusqu'à la fin de l'automne par les commissions thématiques. Il ne faut donc pas manquer le train et se mettre au travail sans tarder. C'est aussi dans cette période que les commissions pourront consulter et auditionner un certain nombre de personnes, de groupements, d'autorités pour être à l'écoute des besoins et des suggestions (art.27.4). Par la suite l'Assemblée pourra elle aussi "auditionner les membres des autorités cantonales et communales, les magistrats du pouvoir judiciaire et de la Cour des comptes, ainsi que les fonctionnaires de l’Etat et des communes, et leur demander des rapports sur des objets précis."  (art. 62)

    Enfin, le règlement prévoit "une large consultation de la population sur les principes adoptés par les commissions thématiques, ainsi que sur le projet de constitution" (art.59.3).

     

    Le groupe auquel j'appartiens est très attaché à ces liens et ces relations inter-actives avec la population genevoise et veillera à ce qu'ils soient utilisés à bon escient.

     

    Maurice Gardiol

    chef du groupe "socialiste pluraliste"

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  • le corbeau salutaire

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    Une nouvelle fois l'UDC tente delie1.jpge défendre ses mots d'ordre avec une affiche nauséabonde. Il s'agit bien sûr d'une provocation dont on connaît la motivation: faire parler de soi par n'importe quel moyen apte à instiller la peur, la méfiance et le rejet des autres. Une manière insidieuse de détourner et de pervertir le débat d'idées.

    Alors comme contre-poison, je propose simplement cette icône du Mont Athos qui représente le prophète Elie en pleine déprime auquel Dieu envoie un corbeau pour lui apporter la nourriture qui va le sauver et lui permettre de se remettre debout.

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  • Au lendemain d'un shabbat sanglant

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    Au lendemain de l'attaque sanglante de la bande de Gaza par l'armée israëlienne, il convient de relire les principes que le Pasteur Martin Luther King enseignait à ses troupes de combattant-e-s pour les droits civiques (voir l'article du Journal Réforme: http://www.reforme.net/dossiers.php?id=188

    1.La non-violence active n’est pas une méthode destinée aux lâches. C’est une véritable résistance.

    2.La résistance non-violente ne vise pas à vaincre ou à humilier l’adversaire, mais à gagner son amitié et sa compréhension.

    3.La lutte doit être dirigée contre les forces du mal plutôt que contre les personnes qui font le mal.

    4.La non-violence active accepte de souffrir sans user de représailles. Elle accepte de recevoir des coups sans rendre la pareille. 

    5.La résistance non-violente ne cherche pas seulement à éviter de se servir de la violence physique ou extérieure. Elle concerne aussi notre être intérieur. Elle consiste à refuser la haine et à vivre selon des principes fondés sur l’amour.

    6.Elle se fonde sur la conviction que l'univers est à la recherche d'une harmonie morale qui sera faite de justice et de liberté, Dieu lui-même est aux côtés de celles et de ceux qui luttent pour cette justice et cette liberté.

    Certains affirmeront que de tels principes relèvent de l'utopie ou ne s'appliquent pas à des Etats? Et pourtant il me semble qu'aujourd'hui tellement de représailles ou de guerre prétendument "justes" ne permettent en aucune manière de résoudre les conflits, mais seulement d'ajouter de la violence à la violence, de la souffrance à la souffrance. Il y a bien des personnes qui, en Israël et en Palestine s'engagent dans cette voie d'une action non-violente active qui est aussi une manière de respecter le shabbat dans nos vies. Le bruit des armes recouvre bien souvent leurs voix. Mais comme Martin Luther King ils ne se découragent pas, ils font un rêve, mais ils savent qu'un jour il deviendra réalité, car les autres options sont sans issue.

    Barak Obama s'est référé à plusieurs reprises à Martin Luther King. Mon espoir c'est qu'il sache reprendre son enseignement et le mettre en application avec conviction, autant dans ce qui concerne la politique extérieure de son pays que dans le message qu'il délivrera à ses alliés. Il y a eu trop d'occasions manquées par le passé, et à force de ne pas chercher à édifier sérieusement la paix et la justice, nous creusons nos tombes.

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  • Temps de l'Avent : attente et aventure

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    Nous sommes dans le temps de l'Avent, ce temps d'attente et de préparation de Noël. Une attente qui va croissant pendant 4 semaines. Il y a de la fébrilité du côté des enfants et des commerçants, du stress aussi. Beaucoup se réjouissent de pouvoir faire la fête en famille, pour d'autres c'est une période plus difficile car les circonstances de la vie font qu'ils n'auront pas envie ou pas les moyens de s'associer à ces réjouissances. Mais que restera-t-il après le 25 décembre de la lumière attendue?

    Il y a quelques jours nous célébrions les 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits Humains et 2009 marquera les 20 ans de la Convention des Droits de l'Enfants. Des textes longtemps attendus et qui ont fait naître beaucoup d'espoirs. Aujourd'hui ces textes qui devraient assurer la protection de la dignité de tous les êtres humains et l'assurance pour les enfants de disposer d'un cadre permettant leur développement sont régulièrement bafoués. Dernier exemple en date dans notre pays, celui de Pablo (11 ans, né à Genève) et de sa maman. Camilla travaille depuis 17 ans dans notre canton de manière tout à fait légale et pourtant elle se voit refuser le renouvellement de son permis de séjour et de travail par l'Office Fédéral des Migrations malgré le préavis positif du Canton de Genève. Et ceci sous prétexte qu'elle a gardé son enfant auprès d'elle plutôt que de l'envoyer aux Philippines. Bien sûr il y a une directive qui prescrit une telle mesure par rapport aux domestiques tranvaillant auprès du personnel des missions diplomatiques. Mais cette directive, contraire justement aux Conventions internationales signées par la Suisse, justifie-t-elle une telle application inhumaine du droit ? Cela me rappelle étrangement l'histoire d'un aubergiste de Bethléem qui n'a pas daigné ouvrir sa porte à un enfant qui allait naître ! (Plus d'informartions sur cette situation: http://www.stopexclusion.ch/observatoire)

    Il ne suffit donc pas de voir une attente se réaliser pour que la victoire soit acquise. Il faut encore s'engager sans relâche pour que cela prenne corps dans la réalité. L'évangéliste Jean le disait déjà à propos de Noël : "La lumière est venue éclairer nos ténèbres, mais les ténèbres ne l'ont pas reçue..., mais à celles et à ceux qui l'ont accueillie elle a donné une nouvelle possibilité et une nouvelle raison d'agir et de transmettre la chaleur et la l'éclat de sa flamme..." (ma paraphrase)

    Adventus pour la Constituante ?

    En sautant du "boeuf à l'âne" je dirai que la Constituante vit aussi son temps de l'Avent. Cela prend certes un peu plus de 4 semaines ! Mais comparativement à ce qui s'est passé dans d'autres cantons, nous risquons malgré tout, en partie grâce à eux puisque nous pouvons nous en inspirer, de nous mettre à l'oeuvre assez rapidement. D'autant plus que le travail a déjà réellement commencé pour le bureau provisoire et pour la commission du règlement en lien avec les différents groupes d'élus qui sont régulièrement consultés par leurs délégués. Dès le 2 février nous allons pouvoir aborder les questions de fond et cela va nous obliger à confronter nos idées, nos propositions, nos convictions, non seulement à l'intérieur de la Constituante, mais aussi dans une ouverture aux aspirations et aux attentes de la population genevoise. Attentes qui seront en partie contradictoires et dont il sera difficile de faire une synthèse apte à contenter tout le monde. Le but et le défi à relever restent cependant de proposer au terme de ce processus une Constitution pouvant rallier une majorité significative d'électrices et d'électeurs, tout en ne se satisfaisant pas du plus petit dénominateur commun ou d'un simple ravalement de façade !

    Pour que cette attente ne soit pas déçue il faudra que la Constituante communique  de manière constructive avec l'ensemble des autorités et des habitant-e-s de Genève et de la région. Afin de soutenir l'intérêt des uns et des autres pour ses travaux pendant plus de trois ans et de mieux mettre en évidence l'importance de cette charte fondamentale pour l'avenir de notre vivre ensemble.  C'est en tous cas mon attente. Comme Constituant je vais m'y engager de mon mieux avec l'aide des hommes et de femmes de bonne volonté dont parlent les anges de Noël. Ce sera, j'en suis convaincu une belle aventure !

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  • les associations et la société civile sont présentes

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    Ce n'est pas parce qu'un certain nombre de listes indépendantes n'ont pas atteint le quorum que les associations et la société civile ne seront pas présentes dans la Constituante.

    Tout d'abord parce que bon nombre de partis ont ouvert leurs listes à des non-membres, dont plusieurs, comme moi, ont été élus. Parmi ces élus, beaucoup ont des responsabilités importantes dans le travail associatif : Christiane Perregaux, présidente du Centre de contact Suisses-Immigrés, Georges Chevieux, directeur d'Emmaüs, et le soussigné, Président de Camarada, en sont quelques exemples.

    D'autre part, plusieurs autres membres de la Constituante sont aussi fortement engagés dans le travail associatif. Les uns et les autres nous allons probablement joindre nos voix à celles des 3 élus de la liste associative pour une meilleure reconnaissance de l'économie sociale et solidaire à Genève et une redéfinition d'un partenariat constructif entre Etat et Associations.

    Il y a heureusement aussi plusieurs jeunes qui sont élus, qui sont pleins d'idées et enthousiastes. Le regret principal, c'est donc le déséquilibre que nous devrons vivre au sein de la Constituante avec le manque d'une réelle parité hommes-femmes. Il conviendra que pour l'avenir  les femmes - et les hommes - trouvent de nouvelles stratégies pour soutenir l'élection des femmes. Celle qui a été adoptée pour l'élection de la Constituante ayant malheureusement démontré ses limites.

     Maurice Gardiol

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  • Ne pas abandonner les jeunes

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    Ce soir ATD Quart-Monde et Amnesty donnaient dans un auditoire de l'Uni-Mail la parole à des jeunes "en rupture" et à leurs familles. En rupture de projet parce que malheureusement ces jeunes n'ont pas réussi dans leur scolarité obligatoire à franchir un certain seuil. En rupture parce que malgré le filet social existant à Genève, ils ont passé entre les mailles, ils ont été dévalorisés et ne parviennent plus à retrouver un second souffle. C'est pourquoi j'estime de première importance, avec mes colistiers et colistières de la liste socialiste-pluraliste, de prolonger le droit à une scolarité dite obligatoire, par une formation de base et une première intégration professionnelle garanties. Il ne faut pas que des jeunes de 15, 16 ou 17 ans se retrouvent au chômage comme première expérience d'insertion sociale! Il faut que des employeurs potentiels puissent être incités et soutenus afin d'augmenter les places d'apprentissages, avec un suivi de qualité grâce à une meilleure coordination des différents services publics et privés concernés. C'est ainsi que nous prévendrons l'exclusion et la misère.

    Maurice Gardiol

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  • Restons les pieds sur terre

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    Il y a quelques jours je proposais que la Constituante organise ses réunions au Salève pour prendre un peu de hauteur! Cela ne signifie pas qu'il faudrait que les membres de cette Assemblée se mettent systématiquement à faire du delta plane. Au fur et à mesure que l'échéance approche, plus la fébrilité des candidat-e-s dont je suis augmente, sans pour autant que cet enthousiasme semble contaminer le citoyen lambda. On nous annonce du reste un taux de participation très moyen pour cette élection.

    Il faut avouer qu'il est difficile de motiver ou de faire rêver les gens avec la proposition assez vague de rénover leur cadre de vie constitutionnel. Les vrais soucis de genevois sont plus concrets et plus immédiats : logement, chômage, coût de la vie voire fumée ou crottes de chiens. D'autre part il n'y a pas de véritable crise institutionnelle, quoi qu'en disent certains candidats. Globalement les citoyens sont plutôt satisfaits du fonctionnement actuel de nos institutions. Ils espèrent bien sûr certaines améliorations, l'évitement de certains doublons ou une meilleure répartition des charges et une plus juste peréquation intercommunale, mais pour le reste je ne crois pas qu'ils aspirent à des changements fondamentaux dans le sytème politique en vigueur. Il faudrait que les tenants du grand chambardement démontrent que d'autres systèmes sont "moins pires" (voire la France, la Belgique ou l'Italie!). L'essayiste franco-suisse François Garçon vient de publier un éloge du modèle suisse dans lequel il explique pourquoi nous nous en sortons beaucoup mieux que les autres. De quoi faire réfléchir. Le modèle n'est pas parfait, il a entre autre le défaut de la lenteur. Mais, comme l'expliquait un de mes professeurs de politique sociale, lorsque finalement un choix est fait ou une décision est prise par le peuple suisse, c'est du solide !

     A ce sujet, il conviendra que dans leur travail, les constitants ne jettent pas le bébé avec l'eau du bain. Certes notre Constitution est devenue illisible ce qui rend nécessaire sa réécriture. Mais il conviendra de se rappeler que bon nombre d'ajouts et bon nombre de droits inscrits dans la présente Constitution sont le fait de choix populaires démocratiquement exprimés. Beaucoup de candidats expriment le désir d'associer largement la population tout au long du processus d'écriture de la nouvelle Constitution. Il ne devront pas oublier que dans l'actuelle texte la population a eu à maintes reprises l'occasion de faire des choix et qu'ils devront aussi avoir du respect pour cette expression d'une volonté populaire.

    Cela ne signifie pas que la nouvelle Constituante devra être systématiquement conservatrice. Elle devra aussi contenir un souffle nouveau stimulant  et ouvrir des pistes inovantes pour l'avenir de notre République. Il conviendra de faire la part des choses entre résistance et ouverture. En sachant nous inspirer de ce qu'il y a de meilleur dans le modèle suisse tout en cherchant modestement à le rendre plus vivant et plus opérationnel.

    Maurice Gardiol

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  • La Terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la Terre !

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    C’est en substance ce qu’a déclaré le théologien de la libération Leonardo Boff lors de sa conférence mardi soir à Genève. Il s’agit d’un renversement non seulement éthique, mais aussi spirituel, de notre regard sur le monde et tout ce qui le compose et lui permet de vivre.

    La Terre promise ne l’est plus dès que nous l’accaparons. Alors nous l’épuisons et au final nous serons nous-mêmes détruits et engloutis par les dysfonctionnements que nous aurons provoqués à force de lui avoir manqué de respect.

    Affirmer que nous sommes « poussière et que nous retournerons à la poussière » n’est pas une considération cynique sur l’existence humaine, c’est la prise de conscience de notre propre fragilité et de nos propres limites qui est le fondement d’une éthique sociale et fixe le cadre de notre responsabilité écologique, socio- économique et  politique.

    La crise financière actuelle est un signe que nous avons perdu le sens de la mesure. Il en va de même des dérèglements du climat et du fossé qui se creuse entre le Nord et le Sud, entre les centres et les périphéries. Pour remédier à tout cela, il ne suffit pas d’affiner le concept de « développement durable » qui revient actuellement dans tous les discours.

    Il nous faut changer d’état d’esprit, remettre l’humain et l’humanité au cœur de nos priorités et de nos activités, relire de manière critique les notions de progrès, de développement et de profit lorsqu’elles ne sont plus orientées par le bien commun. Notre véritable liberté c’est de faire des choix qui nous maintiennent dans la Vie en sachant que cette qualité de vie avec un grand « V » dépend aussi de celle des autres.

    Pour que la nouvelle Constitution soit habitée par un souffle, par une vision, j’espère que l’Assemblée qui sera élue le 19 octobre se donnera le temps de cette réflexion sur nos valeurs fondamentales et la manière de les mettre en œuvre dans les prochaines décennies.

    Maurice Gardiol

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  • La Constituante au Salève !

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    Suite aux différentes discussions sur le lieu où la Constituante devra mener ses réflexion et rédiger ses propositions, pourquoi ne pas l'envoyer au sommet du Salève, histoire qu'elle prenne un peu de hauteur ? Bien entendu, par souci de développement durable, les membres de la Constituante prendront le téléphérique ce qui leur donnera aussi l'occasion de méditer sur l'importance de ne pas perdre le fil ou de ne pas pêter un cable !

    En travaillant, ses membres auraient sous leurs yeux l'espace auquel ils devront penser. Ils constateront que les frontières sont bien virtuelles et qu'il convient aussi d'intégrer à leur réflexion les complémentarités et les synergies possibles avec les voisins à portée de vue.

    Les nombreux avions qui passeront sur leurs têtes leur rappelleront que nous ne sommes pas grand chose sans les liens qui nous unissent au reste du continent et au monde entier. La nouvelle Constitution ne devrait pas être une occasion de construire de nouveaux remparts, mais bien d'encourager de nouvelles ouvertures.

    Si le brouillard vient s'installer dans leurs débats, ils constateront bien vite qu'ils sont coupés de la réalité et qu'une petite descente en parapente s'impose pour remettre les pieds sur terre.

    Maurice Gardiol

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  • Page blanche ou papier calque ?

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    En tant que candidat à la Constituante je reçois ou je lis des avis divers sur la manière dont les élus devront travailler. Pour certains il n’y aura pas lieu de réinventer la roue, il suffira de reprendre une grande partie de ce que nous trouvons dans la Constitution actuelle afin d’être sûrs de ne perdre aucun acquis. Pour d’autres, les récentes Constitutions rédigées par d’autres Cantons devraient nous servir de références. Pour d’autres enfin, nous devrions tout reprendre à neuf et partir d’une page blanche.

    La campagne en cours a aussi encouragé les candidats à « rêver Genève » ou à élaborer des propositions concrètes. Cela a permis déjà de voir se dessiner quelques thèmes sur lesquels des avancées sont possibles et d’autres qui risquent d’être plus conflictuels.

    Pour ma part je souhaite avant tout que les personnes élues disposent du temps nécessaire pour se rencontrer véritablement, pour apprendre à se connaître et à s’écouter. Ecrire une Constitution dans son entier est un exercice qui sera une première pour tous les Constituants et qui ne pourra réussir qu’en sortant de certaines habitudes ou de certaines ornières politiciennes. A cette condition ils pourront être créatifs, innovateurs tout en ne perdant pas en route des droits et des solidarités indispensables.

    Je sais bien sûr qu’il y aura des débats d’idées et parfois même des affrontements difficiles. Mais j’aimerais que cela ne tourne pas aux dialogues de sourds et aux antagonismes personnels. Si nous voulons que dans quatre ans le peuple genevois prenne le projet de Constitution au sérieux, il faudra qu’elle ait été élaborée dans le respect des uns et des autres, avec une véritable attention aux valeurs qui peuvent permettre à une société du XXIème siècle de vivre ensemble et de développer des projets communs.

    Ce qui compte pour moi, c’est donc que la Constituante puisse travailler de manière exemplaire. Cela serait alors une véritable page blanche et non un copier-coller du fonctionnement parfois démobilisateur de certaines institutions.

     Maurice Gardiol

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  • intégration et associations : faire pour ou faire avec ?

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    Il faut constamment rappeler que l'intégration n'est pas à sens unique. C’est pourquoi, dans la mesure où le choix des termes a une valeur au moins symbolique, je regrette que nous ayons dans les cantons des "Délégués à l'intégration des étrangers" et non des Bureaux pour promouvoir l'intégration entre Suisses et immigrés. L'intégration est vouée à l'échec si nous voulons faire "pour" les étrangers ou "pour" les femmes. Elle aura quelques chances si nous faisons "avec".

    Ce « faire avec » devrait aussi caractériser les relations entre l’Etat et les associations. Aujourd’hui il me semble constater une méfiance de certaines autorités et de certaines administrations envers le travail associatif. Depuis quelque temps, nous assistons à une inflation d'évaluations et de contrôles qui détournent l'énergie et les modestes moyens de ces associations de leurs actions prioritaires. Les subventionnements sont utilisés pour guider leurs choix à partir de concepts d’efficience et de rentabilité qui risquent fort de les priver de la créativité et de la souplesse nécessaires pour pouvoir s’adapter rapidement aux problématiques nouvelles.

    Je suis le premier à trouver normal que les partenaires qui soutiennent le travail des associations puissent avoir l’assurance d’une bonne utilisation des fonds mis à disposition et d'une saine gouvernance. Des améliorations peuvent être apportées dans ces domaines, à condition de garder la mesure et de faire ce qui est nécessaire dans les contacts pour maintenir une relation de confiance et de vrai partenariat. Les associations ne doivent pas être réduites à des prestataires de services; il convient de reconnaître plus largement leur génie propre et leur rôle d'acteurs dans le développement de liens sociaux et d'engagements citoyens.

    La Constituante sera aussi une occasion de redessiner les relations entre l'Etat et les nombreuses associations œuvrant dans le canton de Genève. Nous sommes nombreux à penser que cette collaboration est essentielle pour pouvoir faire face de manière complémentaire aux différents défis du monde actuel.

     

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  • Calvin à la Constituante

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    Les 80 membres qui seront élus à la Constituante commenceront leurs travaux début 2009. C'est aussi l'année où Genève fêtera les 500 ans de la naissance de Jean Calvin.

    D'une certaine manière il a été à un inspirateur de la première Constitution de la Genève moderne. Nul doute que si Calvin était candidat le 19 octobre prochain, il aurait à coeur de soutenir ce qui dans cette Constitution favoriserait l'équité, l'éducation, la justice sociale et une saine complémentarité entre les diverses autorités et institutions qui ont des responsabilités dans la Cité.

    En apprenant qu'aujourd'jui certains patrons se permettent des salaires de plusieurs millions, il rappellerait certainement à ceux-ci qu'ils outrepassent leurs droits et qu'ils contreviennent gravement à leur vocation. A la manière de ce qu'il disait alors dans l'un de ses sermons (que je transcris quelque peu en langage de notre temps):

    "... Dieu veut éprouver l'attention que nous avons les uns à l'égard des autres, et c'est pourquoi il veut que les riches ne soient pas comme des bêtes sauvages pour dévorer et maltraiter les pauvres, pour leur sucer le sang et la substance, mais que plutôt ils les soutiennent et veillent toujours à l'équité... Car autrement ils sont comme des meurtriers, quand ils voient leurs prochains défaillir et cependant n'ont point la main ouverte pour subvenir à leur détresse..." (Sermon XLIV, cité par André Biéler dans "La pensée économique et sociale de Calvin", p. 340)

    C'est aussi la raison pour laquelle Calvin considère que l'accaparement des richesses et les salaires injustes sont des sacrilèges:
    "N'y a-t-il point une plus grande cruauté que de frauder les pauvres gens du fruit de leur labeur... Si un riche tient le bec en l'eau (comme on dit) à un laboureur ou à un manoeuvre, après avoir abusé de son travail, c'est quasi lui couper la gorge, en le privant du nécessaire..." (Commentaire sur les livres de Moïse, ibid. p. 418)

    Maurice Gardiol

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  • l'aigle et la clé

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    Voici un conte que j'ai écrit il y a quelques années pour une célébration de la Restauration que je présidais à la Cathédrale St-Pierre. Il dit d'une manière imagée ce que j'epère du processus que devrait vivre la Constituante. Permettre de dépasser nos peurs pour redécouvrir une nouvelle vision du vivre ensemble à Genève.

    Il était une fois un aigle majestueux au pennage noir luisant qui tournoyait à longueur de journées sur les cimes les plus élevées de la planète. Il aimait se laisser porter par les vents pour découvrir le monde de très haut. Un jour cependant, il lui prit l’idée d’aller faire quelques vols planés à plus basse altitude.

     

    C’est ainsi qu’il dénicha un coin de pays semblable à un grand jardin avec un lac où il prit plaisir à se mirer. Se laissant glisser à la surface des eaux, il parvint aux abords d’une ville construite autour d’une rade magnifique.

     

    Il survola les toits de la cité afin d’y chercher un lieu où se poser après son long voyage. Il trouva un perchoir approprié sur l’une des tours de la cathédrale. Malheureusement, il y fut accueilli par une bourrasque de vent froid ! Lui qui était pourtant habitué à la fraîcheur des grands espaces alpins se mit à grelotter.

     

    Cherchant désespérément un lieu mieux abrité, il constata que toutes les portes des maisons de la ville étaient fermées. C’est alors qu’il aperçut un homme déambuler dans les rues du bourg avec un énorme trousseau de clé à la main. L’aigle noir n’hésita pas longtemps. Il prit son envol et, après un piqué étourdissant, il arracha le trousseau de la main de l’homme ébahi et alla se poser quelques rues plus loin.

     

    Contemplant les nombreuses clés ainsi subtilisées, il lui paru toutefois difficile de résoudre l’équation lui permettant de trouver la bonne clé pour la bonne serrure avant que la nuit fut tombée.

     

    Tout à coup, son regard fut attiré par une clé beaucoup plus ancienne et à première vue moins tarabiscotée que les autres. Il se demanda ce que cette clé peut bien ouvrir. Alors, pour tenter d’y voir plus clair, il reprit les airs. Après quelques coups d’ailes, il aperçu, illuminé par le soleil couchant, un petit verger en forme de cœur.

     

    Gentiment il  alla se poser à proximité du portail de ce jardin. A n’en pas douter, la forme de la serrure correspondait à celle de la clé mystérieuse. Une fois entré dans le verger, il remarqua une maisonnette de laquelle il s’approcha prudemment. La porte en était bien sûr fermée, mais elle n’avait pas de serrure. Une grande planche avait été clouée devant la porte pour empêcher quiconque d’en sortir.

     

    A l’aide de son solide bec, il parvint à arracher les clous et à  enlever la planche qui barrait l’accès de la demeure. A l’intérieur, il découvrit un homme encore jeune qui semblait à l’agonie. Il s’empressa d’aller ramasser quelques fruits épars sous les arbres et les lui apporta pour qu’il se restaure et qu’il se désaltère.

     

    Lorsque l’homme eu repris quelques forces, l’aigle lui demanda :

     

    -   Qui es-tu et pourquoi es-tu ainsi enfermé ?

     

    - Je suis le serrurier de cette ville, répondit-il d’une voix encore très faible. Mes concitoyens m’ont fait mettre de solides verrous à leurs portes, car ils voulaient être certains que personne ne vienne les déranger. Ils ont tellement peur des autres, connus ou inconnus, qu’ils se sont ensuite tous enfermés dans leurs logis. Un habitant a été chargé de garder les clés et de veiller à ce que personne ne puisse plus ni y entrer, ni en sortir. Et moi, par crainte que je ne les trahisse, ils ont aussi barricadé la porte de mon atelier ! Mais voilà, ils n’ont pas pensé qu’on ne peut pas survivre très longtemps tout seul. Tous les habitants doivent maintenant se trouver dans le même état que moi. Ils vont tous mourir si personne ne vient les libérer !

     

    - Vite, mon ami, prend le trousseau que tu as apporté , dit le serrurier à l’aigle noir. Ce sont les clés de toutes les maisons de la ville. Je n’ai plus assez de force pour le porter.

     

    Sans plus se faire prier l’aigle saisit le lourd anneau dans ses griffes acérées. En pleine nuit, il partit avec le serrurier sillonner les rues de la ville. Il virevoltait agilement au-dessus de la tête de l’artisan et à chaque porte il lui tendait le trousseau. Le serrurier eut vite fait de trouver la clé qui lui permettait de crocheter la serrure. N’est-ce pas lui qui avait fabriqué l’une et l’autre ?

     

    Alors, les gens de la ville, titubants et pâles sortirent de leurs maisons. Très vites des larmes coulèrent sur leurs joues. Des larmes de reconnaissance, car beaucoup ne savaient plus comment s’en sortir. Ils étaient devenus esclaves de leurs peurs. Et les moyens qu’ils croyaient s’être donnés pour les apaiser, les avaient conduits dans le gouffre du désespoir.

     

    Le lendemain de cette nuit mémorable, le vent froid s’était apaisé et le soleil brillait de ses plus beaux feux. Les portes, mais aussi les volets et les fenêtres de la ville étaient ouvertes. Et il y eut une grande fête pendant toute la journée.

     

    A la veillée les gens des quartiers s’invitaient les uns chez les autres, ils mettaient en commun ce qui leur restait de victuailles et ils découvraient la joie de l’accueil et du partage.

     

    C’est pour ce souvenir de cet événement que les habitants décidèrent de mettre sur leur drapeau un aigle et une clé. Afin que leurs descendants ne se laissent pas à leur tour emporter par leurs peurs et gardent leurs cœurs et leurs portes ouvertes.

     

    Maurice Gardiol

     

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  • Présentation

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    Après une maturité commerciale et un diplôme en service social (1970), j’ai été engagé par les Centres sociaux protestants (CSP) de Suisse romande pour créer leurs secteurs réfugiés.

    J’ai ensuite exercé un ministère diaconal au sein de l’Eglise protestante de Genève (EPG). J’’ai été engagé dans la création de l’Aumônerie œcuménique auprès des requérants d’asile (AGORA). J’ai aussi exercé mon ministère dans diverses paroisses, en dernier lieu au Lignon, ce qui m’a permis de m’impliquer activement dans le projet de Contrat de Quartier d’Aïre-Le Lignon initié par la commune de Vernier. De 1998 à 2001 j’ai été Modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres de l’EPG. Ayant mis un terme à mon ministère diaconal il y a quelques mois, je travaille actuellement de manière indépendante sur mandats.

    Dans mes engagements bénévoles, j’ai été membre pendant plus de vingt ans du Comité du CSP-Genève et j’ai participé à la création de CAMARADA (centre de rencontres et de formations pour femmes migrantes et leurs enfants). J’ai aussi participé au Comité de l’Association des parents d’élèves de mon quartier ainsi qu’à plusieurs projets socio-culturels. Je préside le Conseil d’administration d’un petit atelier « imprimerie-édition » dans la région lausannoise ainsi que le Comité du Foyer Carougeois qui met des appartements à disposition de personnes âgées ou invalides.

    Formations continues dans le domaine psycho-social et Certificat en politique sociale de l’Université de Genève.

    Je suis candidat hors-parti sur la liste No 7 socialiste-pluraliste (http://www.socialistepluraliste.ch)

    Maurice Gardiol

     

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