19/08/2011

Manifeste pour une Suisse reconnaissante de son héritage spirituel et ouverte à la diversité

Non à une révision de la Constitution suisse

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22/07/2011

L'Evangile questionne le PDC !

Et voilà que le PDC veut supprimer l'aide de la DDC à certaines populations sous prétexte qu'il y a des minorités chrétiennes persécutées dans leur pays. Il est temps de relire l'Evangile (Luc 6.27-38)?

"Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. A qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre ; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. A quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis. Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. "

 


18/07/2011

Le projet de préambule dévoilé

Lors de la consultation organisée ce printemps par l'Assemblée constituante, la première question posée à la population genevoise portait sur la nécessité de la présence d'un préambule comme entête à la nouvelle Constitution. Sur plus de 2'000 réponses reçues, près de 80% des personnes ou organismes consultés se sont déclarés très favorables ou favorables à cette idée.

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13/07/2011

Mettre la constituante sur de bons rails

C'est finalement à cela que nous a invité le Comité de l'Association "Une nouvelle constitution pour Genève", reconnaissant qu'il y avait dans l'avant-projet bien des propositions intéressantes et qu'il convenait maintenant de sortir de la logique d'affrontement pour s'engager dans la voie du compromis. Cet appel de personnalités qui ont été à l'origine du processus constitutionnel sera, je l'espère, suivi d'effets.

C'est en tous cas ce que s'est efforcé de faire la Commission 1 dont je fais partie pour le traitement des dispositions générales, des droits fondamentaux et du préambule. Sous l'impulsion d'un certain nombre de ses membres, elle n'a pas voulu attendre les négociations envisagées entre groupes dans le courant de l'été pour trouver par elle-même des accords aptes à réunir une large majorité en son sein. Au prix de concessions de part et d'autre, mais aussi d'une meilleure écoute des préoccupations de chacune et de chacun, elle est parvenue à se mettre d'accord sur bon nombre de "points chauds" qui avaient attisés les débats et les conflits en plénière l'automne dernier.

Son rapport, qui sera bientôt disponible, montrera les solutions qui ont pu être trouvées en matière de responsabilité individuelle, de droits sociaux (droit au logement et droit à un niveau de vie suffisant), d'égalité hommes-femmes et de non-discrimination pour ne citer que quelques exemples. Pour parvenir à ce résultat, elle a aussi tenu compte des réflexions suscitées par les réponses à la consultation du début de cette année.

Il reste bien entendu quelques divergences et c'est bien normal à ce stade des travaux. Malgré tout, les articles de ces premiers titres de la constitution qui pouvaient provoquer des blocages fatals ont été traités. Pour autant que la plénière suive cette fois les accords globaux mûrement réfléchis et acceptés par quasiment tous les délégués des différents groupe, il y aurait vraiment un espoir pour la suite des travaux de notre Assemblée.

En entreprenant cette démarche et en parvenant à un résultat, la Commission 1 voudrait aussi tracer une voie. Si elle est suivie, il restera à sceller d'autres accords dans le même esprit sur les sujets encore problématiques dans les chapitres suivant. Et si elle y réussit, l'Assemblée n'aurait probablement aucune peine à accepter, au terme de la première lecture, le projet de préambule qui lui sera soumis de manière quasi unanime par notre Commission car il est le reflet d'une volonté de s'engager en vue du bien commun.

 

22/04/2011

Un renouveau pour le christianisme social

Depuis deux ans quelques personnes en France et en Suisse romande relancent le projet de communes théologiques du christianisme social. De quoi s'agit-il. Lors d'un culte à l'Oratoire du Louvre (http://oratoiredulouvre.fr/predications/un-christianisme..., le pasteur Laurent Gagnebin a rappelé les origines de ce mouvement et je m'en inspire largement pour cette brève présentation.

Quand on parle de christianisme social dans le cadre du protestantisme un nom doit être immédiatement cité: celui du pasteur Tommy Fallot qui en 1878 prononce onze prédications consacrées au Notre Père et qui apporte pour la première fois dans le protestantisme français un fondement à un christianisme social...

Parmi ceux qui ont poursuivi cette idée dans les années suivantes, il faut citer Charles Gide, l'oncle d'André Gide, professeur d'économie politique au collège de France, à l'origine du mouvement coopératif, Élie Gounelle et Wilfred Monod, pasteurs. Ce dernier, père du célèbre zoologiste et penseur Théodore Monod, exercera son ministère dans plusieurs paroisses, dont l'Oratoire du Louvre à Paris, et sera professeur de théologie pratique à la faculté de théologie protestante de Paris.

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18/04/2011

60 minutes en silence pour résister

Samedi entre midi et 13h une soixantaine de citoyennes et de citoyens dont quelques élus se sont rassemblés pour former un cercle de silence à la Place du Cirque. Une forme originale de résistance soutenue par divers organismes des Eglises de Genève (Commission Tiers-Monde de l'Eglise catholique, Aumônerie genevoise œcuménique auprès des requérants d'asile, etc.) mais rassemblant des personnes de divers horizons, croyantes ou non.

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15/04/2011

L'aide d'urgence est incompatible avec la dignité humaine

Je me permets de relayer sur mon blog l'appel lancé à ce sujet et vous invite à signer la pétition sur le site: www.campagne-urgence.ch

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22/03/2011

Des listes farfelues !

A l'approche des élections pour les conseils administratifs nous voyons fleurir, d'un côté comme de l'autre, des listes soutenues par des groupements virtuels et éphémères. Il s'agit à l'évidence d'appâter le chaland pas trop attentif en lui faisant croire que tel quartier, tel groupement d'intérêt, tel mouvement ou association présenterait des candidats pour ces élections. C'est bien sûr de la poudre aux yeux et une manière d'abuser les citoyens.

Je vous en prie, Mesdames, Messieurs, ayez le courage de vos opinions et affichez clairement vos appartenances en vous référant aux programmes de vos partis. Cette manière de les interpréter et de les émietter laisse croire que vous n'y croyez pas vraiment et qu'il vous importe plus d'aller faire votre marché dans un étalage hétéroclite.

Faudra-t-il que la Constituante interdise cette forme de manipulation pour en revenir à une pratique plus saine du combat électoral ?

17/03/2011

Le nucléaire n'est pas une solution, mais un danger pour nous et pour les générations futures !

Ce n'est pas l'émotion qui me fait changer d'avis! C'est un constat qui remonte déjà à de nombreuses années. J'avais du reste participé en 1982 avec le Professeur André Biéler et deux autres auteurs à l'édition d'un petit ouvrage paru sous le titre "Chrétiens à l'ère nucléaire: quelles responsabilités ?" Les conséquences d'un accident nucléaire, y compris dans les dépôts de déchets, sont d'un tout autre ordre que d'autres accidents.

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20/01/2011

Au pied du mur

Au pied du mur

Ainsi nous voici informés de l'avant-projet de Constitution. 202 articles, dont certainement 150 ne posent pas trop de problèmes et contiennent même quelques innovations intéressantes.

Le débat doit donc porter sur la cinquantaine d'articles touchant aux thèmes importants que sont le logement et l'aménagement du territoire, l'énergie, les droits politiques des fonctionnaires et des étrangers, la perception des impôts et les mécanismes du frein à l'endettement, le quorum en matière électorale et le nombre de signatures exigé pour les initiatives et les référendums, le principe de non-discrimination, les buts de l'Etat, la responsabilité individuelle et la manière dont doit être comprise la subsidiarité.

Nul doute que la prochaine consultation démontrera que cette liste est cruciale pour la suite des travaux et que du traitement adéquat de ces sujets, dont la plupart ont fait l'objet de décisions du peuple ces dernières années, dépendra le succès ou l'échec de la révision constitutionnelle. Malheureusement un certain nombre de propositions allant dans ce sens faites par les commissions ont été à ce jour refusées par l'Assemblée et le travail sur ces sujets doit être repris à zéro.

Par ailleurs, plusieurs d'entre eux sont traités par des articles relevant de plusieurs commissions. Il m'apparaît donc indispensable, avant que celles-ci ne reprennent leurs travaux, qu'ils fassent l'objet d'une étude thématique et transversale. Avec si possible une décision de l'Assemblée sur les compromis ou les consensus qui pourraient être trouvés afin de permettre aux commissions de travailler ensuite avec un chemin dégagé.

A moins qu'hélas nous ne constations que nous restons dans une voie sans issue. Ce qui rendrait la suite de l'exercice périlleux car nous ne serions alors plus que porteurs d'un projet mort-né ou, pour le moins, d'une nouvelle source de division dans notre République alors qu'une Constitution devrait être un texte rassembleur !

J'ose encore croire qu'une majorité de constituants ne voudra pas d'un tel scénario catastrophe, aux conséquences néfastes pour la plupart des partis, et reviendront à un peu plus de sagesse. Une faible majorité au sein de l'Assemblée n'a pas le pouvoir de faire taire toutes les oppositions qu'elle a contribué à susciter ces derniers mois: les locataires, les fonctionnaires, les femmes et les hommes soucieux de promouvoir plus d'égalité, les anti-nucléaires, les syndicats, etc. Nous avons accumulé un déficit d'image et nous avons peu de temps pour parvenir à le corriger. Nous sommes au pied du mur et nous ne devons pas attendre pour donner des signaux clairs montrant que nous serons capables de le surmonter.

 

31/12/2010

Prière pour des portes qui s'ouvrent

Ce matin, au culte commémoratif de la Restauration, le pasteur Emmanuel Rolland, vice-président de la Compagnie des pasteurs et des diacres, a prononcé un sermon sur le thèmes des murs parfois nécessaires pour pouvoir se retrouver chez soi, mais qui ne doivent pas être privés de portes. Ces portes, elles, ne doivent pas être blindées, mais pouvoir aussi s'ouvrir afin que nos abris ne deviennent pas nos prisons et pour que dans la rencontre des autres nous trouvions aussi un enrichissement indispensable pour nos vies. Il s'est appuyé pour sa prédication sur la parabole rapportée dans l'Evangile de Jean au chapitre 10 et dans laquelle Jésus explique qu'il est une porte nous permettant d'aller et de venir en sécurité pour vivre de nouvelles libertés et de nouvelles confiances.

A l'issue de ce message, l'abbé Alain-René Arvez et le pasteur Kurt Veraguth ont prononcé la prière ci-dessous. Je vous l'adresse en espérant que nous pourrons aussi l'entendre comme une invitation à participer à son exhaucement. Avec mes meilleurs voeux à toutes les lectrices et les lecteurs de mon blog !

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27/12/2010

Pour sauver la Constitution

L'année qui s'achève restera marquée par le déplorable résultat de la votation sur l'initiative UDC concernant le renvoi des criminels étrangers. L'application de cette votation va poser d'énormes problèmes à l'avenir pour respecter le droit supérieur auquel notre pays est lié. La peur irrationnelle l'emporte sur la raison, le repli gagne sur l'ouverture et la manipulation l'emporte sur une étude sereine des faits. Le peuple est souverain, mais il n'est pas vrai qu'il a toujours raison ! L'histoire a hélas prouvé le contraire à plusieurs reprises avec des conséquences dramatiques qui ont finalement coûté cher à ceux qui croyaient se mettre à l'abri.

Alors, pour mieux commencer la nouvelle année,  il est bon de rappeler la proposition de mondification de la Consitution helvétique de l'écrivain zurichois Franz Hohler:

"Art. 121, al. 3-5 (nouveau)

3 Sachant que sans eux notre pays:

a. n’aurait ni maisons, ni rues, ni tunnels,

b. ne pourrait assurer le fonctionnement de ses hôpitaux, homes, hôtels et restaurants,

c. ne saurait garantir le nettoyage, la collecte des ordures, les transports et les services informatiques,

la Confédération exprime sa profonde gratitude à toutes les étrangères et à tous les étrangers qui travaillent sur son territoire. Elle se félicite que les activités qu’ils exercent permettent à notre pays d’exister ; elle les remercie de leur coopération et forme le vœu qu’ils partagent notre existence à part entière.

4 Elle nourrit l’espoir qu’ils sauront se familiariser avec les coutumes de notre pays, sans devoir renier leurs origines.

5 Si l’un d’eux venait à commettre un délit, il serait soumis aux mêmes dispositions pénales que n’importe quel citoyen suisse.

II

Dispositions transitoires:

La validité de la présente contre-proposition ne dépend pas de la sanction du peuple. A compter du moment où un citoyen reconnaît cette validité, les dispositions des al. 3 à 5 s’appliquent à lui."


Je souhaite une bonne année aux Suisses et au étrangers qui habitenet et qui construisent au quotidien notre pays commun.

17/12/2010

La Suisse, Genève et les droits fondamentaux: faites ce que nous disons pas ce que nous faisons !

Le Comité sur les droits économiques, culturels et sociaux de l'ONU vient de publier ses conclusions suite à son rapport relatif à la manière dont la Suisse applique le Pacte international à ces mêmes droits (http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm).

Si le Comité salue l'adoption d'un certain nombre de protocoles, dont ceux relatifs aux droits de l'enfant et à la discrimination envers les femmes, il regrette vivement que la Suisse persiste à envisager les droits sociaux comme de simples buts ou tâches de l'Etat et non comme des obligations légales. Raison pour laquelle ces droits ne peuvent être justiciables.

Il recommande dès lors la Confédération à reconsidérer ses textes constitutionnels et législatifs sur ce sujet et à encourager les cantons à faire de même. Il demande par ailleurs que les autorités suisses renforce les législations relatives au principe de non discrimination et d'égalité entre hommes et femmes, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

La situation des personnes vulnérables, en particulier dans le domaine de l'emploi, les garanties données à l'action des syndicats, la garantie d'un droit aux moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine figurent aussi dans une relativement longue liste de remarques et de recommandations adressée par le Comité à la Suisse.

La plupart de ces points figuraient dans le projet des "droits fondamentaux" présentés par la Commission 1 de la Constituante. Et la plupart ont été refusés à ce jour lors des plénières de l'Assemblée. Ainsi le projet qui va être soumis à la consultation ne comporte aucun "droits sociaux" mais que des buts très généraux en la matière laissés au bon vouloir des autorités cantonales et communales.

En résumé, avec ce projet, Genève sera en contradiction avec un pacte international signé par la Suisse. Certes il s'aligne en la matière sur de nombreux autres cantons et sur la constitution fédérale. Mais avouons que c'est un peu fort de café pour un canton qui par ailleurs n'hésite pas à se présenter comme une capitale des droits humains et s'honore de la présence sur son sol de nombreuses organisations internationales !

Plus grave encore, alors que nous avons la responsabilité d'être des modèles, nous nous contentons d'être sur la liste des mauvais élèves dans ce chapitre des droits économiques, sociaux et culturels. C'est franchement regrettable et il ne reste plus qu'à espérer que mes collègues constituant-e-s considèrent avec plus de respect et de sérieux les conventions dont nous sommes partenaires, et même parfois garants !

Pour consulter les observations complètes du comité: cilquez ici

20/11/2010

La Suisse pas assez exigeante envers les immigrés ?

Dans son interview parue dans LE COURRIER le 17 novembre 2010, Madame la Conseillère Fédérale Simonetta Sommaruga affirme qu'en matière d'intégration des étrangers la Suisse n'est pas assez exigeante, qu'elle n'a pas su imposer, en particulier aux femmes migrantes, l'apprentissage de la langue ou le suivi d'une formation professionnelle.

En tant que président de CAMARADA, association qui œuvre depuis plus de 25 ans à Genève dans ce domaine en particulier auprès des femmes migrantes, je souhaite faire remarquer à Madame Sommaruga et aux personnes qui partagent son analyse que CAMARADA, comme d'autres lieux similaires en Suisse, doivent refuser chaque année un grand nombre de femmes qui aimeraient bénéficier des formations et des cours de langue que nous organisons à leur attention.

Il y a donc une certaine hypocrisie, de la part des autorités qui parlent beaucoup de la nécessité d'une meilleure intégration, de ne pas voir que la motivation existe chez les personnes concernées mais que les moyens manquent pour les associations qui ont les compétences de les accompagner dans leur volonté de faire ces apprentissages.

Rien qu'à Genève, CAMARADA pourrait ouvrir un ou deux centres supplémentaires pour compléter celui de la Servette qui accueille déjà près de 800 femmes par année dans ses diverses activités. Sans compter la prise en charge de leurs enfants en âge préscolaire pendant leur temps de formation.

La commune de Meyrin a, avec notre collaboration, créé il y a quelques années sur son territoire le CEFAM qui est aussi un lieu d'accueil et de formation pour les habitantes migrantes de cette région. CAMARADA organise par ailleurs, avec le soutien des communes concernées, des cours et des formations au Lignon, aux Trois-Chênes et à Carouge.

Dans ces projets, des équipes avec de nombreuses personnes bénévoles très compétentes, formées et encadrées par une équipe de formatrices responsables salariées et certifiées, permettent de fixer et d'atteindre des objectifs adaptés à la population que nous accueillons. Nous pouvons travailler à partir de leurs motivations et de leurs ressources, même lorsqu'il s'agit de personnes qui ont été peu scolarisées ou sont analphabètes.

A notre avis, les contraintes envisagées, par exemple sous forme de "contrats d'intégration", sont inutiles et contreproductives. Ce qui est prioritaire, dans notre canton en particulier, c'est que le Bureau de l'intégration des étrangers et les associations qui travaillent dans ce domaine reçoivent les soutiens indispensables pour répondre aux besoins qui sont connus afin qu'aucune personne ne doive être refusée ou placée sur des listes d'attente démotivantes lorsqu'elle souhaite entreprendre une telle formation.

Encore un mot pour rappeler que l'intégration est interactive et non à sens unique comme on le laisse trop souvent entendre actuellement. Pour permettre une réelle intégration, il convient que la population déjà établie dans notre pays apprenne aussi à mieux connaître et reconnaître les nouveaux venus et sache les accueillir avec respect. Il y a aussi beaucoup à faire si nous voulons parler d'une vraie intégration et ne pas en revenir à une assimilation camouflée sous un terme plus politiquement correct.

Maurice Gardiol, Président de l'Association CAMARADA

16/11/2010

La consitution doit mieux reconnaître les associations

Le rôle joué par les associations dans le développement d'une cité n'est pas nouveau. N'oublions pas que même des institutions aussi indispensables que nos écoles ou nos hôpitaux publics trouvent leur origine dans des initiatives privées, religieuses ou laïques dans les siècles précédents.

 

Aujourd'hui encore la vie associative dans notre canton apporte une contribution essentielle pour maintenir et développer la cohésion sociale. Que ce soit dans le domaine sportif, culturel, socio-éducatif, professionnel ou politique, ces associations complètent, voire même suppléent l'action de l'Etat. Souvent elles mettent en évidence et prennent en charge des besoins pour lesquelles les collectivités publiques ne disposent pas des ressources nécessaires ou des compétences adéquates pour y répondre.

 

Le Répertoire des entreprises genevoises enregistre 1813 structures associatives sur le Canton de Genève. Cet inventaire n'est pas exhaustif, mais il montre bien l'importance pour Genève de cette base active que sont les associations à but non lucratif avec leur personnel salarié et bénévoles. Ce sont des milliers de personnes qui participent aux activités qu'elles proposent ou qui bénéficient des services qu'elles mettent à disposition. Dans certains domaines, telles que l'intégration, l'accueil et l'accompagnement des sans domiciles fixes, le soutien aux enfants et aux familles de prisonniers, celui aux victimes de violences, les loisirs des enfants et des jeunes pour ne citer que ceux-ci, des associations jouent un rôle pilote que l'Etat reconnaît en leur allouant des subventions.

 

Il nous paraît donc judicieux que la Constituante reconnaisse le travail accomplit et les services rendus à la collectivité par ces diverses associations, subventionnées ou non. Le Conseil économique et social avait déjà élaboré toute une réflexion et émis des propositions à ce sujet il y a une dizaine d'années dont beaucoup sont malheureusement restées lettres mortes. Nous nous réjouissons de constater que la plupart des thèses de majorité et de minorité de la Commission 5 reprennent plusieurs de ces propositions et vont dans le sens des demandes formulées par les quelques 300 associations qui ont pu intervenir lors de l'audition organisées par les commissions 1, 4 et 5 en janvier dernier. En particulier sur le fait que les relations entre Etat et association doivent être établies sous forme d'un partenariat.

 

De grâce ne nous contentons pas en la matière d'un seul article généraliste et sibyllin comme le propose  plusieurs amendements de la droite. Les associations qui œuvrent à Genève méritent mieux que cela. Il est temps pour nous d'écrire une constitution qui intéressera nos concitoyens parce qu'ils se sentiront entendus et concernés. Non seulement lorsqu'ils ont besoin d'être protégés par des droits, mais aussi lorsqu'ils manifestent leurs devoirs par leurs engagements citoyens bénévoles.

04/11/2010

Entre les touche-à-tout et les touche-à-rien y aura-t-il une place pour les bâtisseurs de Constitution ?

Il y a celles et ceux qui veulent que l’on ne touche pas à une virgure de l’actuelle constitution, et d’autres qui aimeraient passer tel un rouleau compresseur sur tous les principes et les droits qui ont été acquis ces dernières années.

Quel espace reste-t-il pour bâtir une constitution qui réaffirme des principes et des droits de manière très claire sans forcément entrer dans des détails relevant des lois ou des règlements ?

Que ce soit sur le nucléaire, sur le logement, sur le travail, la santé et la formation, n’y a-t-il pas moyen de parvenir à se mettre d’accord sur ce qui permet de maintenir au moins les principes acquis et de se mettre d’accord sur quelques améliorations possibles ?

C’est dans la mesure où nous parviendrons à trouver cette troisième voie qu’il me semble immaginable de parvenir à un résultat. Le débat de ce jour sur la santé et sur la formation pourrait nous donner une occasion d’aller dans ce sens.

30/10/2010

hommage à Georges Haldas

J'ai trouvé dans ses carnets de 1995 quelques citiations qui pourraient nous inspirer, nous autres constituants !

 

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27/10/2010

Le Mal-entendu !

Dans le Manifeste qui en 2005 a lancé l'idée d'une révision totale de la Constitution genevoise, nous lisons ce qui suit:

"La Constitution genevoise est ancienne, la plus vieille de Suisse. Son langage, sa structure, son contenu ne sont plus de notre temps. Elle comporte des banalités devenues inutiles et des dispositions trop détaillées, tout en présentant des lacunes importantes, notamment en matière des droits fondamentaux. Malgré de nombreuses révisions partielles, elle n’est plus en phase avec les défis que l’Etat et les communes doivent relever et ne traduit pas les spécificités de la société civile genevoise. Ainsi, elle ne donne plus d’impulsions aux acteurs politiques, économiques et sociaux et passe à côté des problèmes les plus actuels et difficiles. Bref, elle a fait son temps...

... Une révision totale de la Constitution est l’occasion de regarder les problèmes en face et de les affronter, dans une perspective d’ensemble. Ce qui a fait la preuve peut être maintenu, ce qui ne va plus doit être changé, ce qui a de l’avenir doit être tenté. Si certaines règles, institutions et principes méritent d’être conservés, ils doivent être replacés dans une perspective globale..."

Ceci aurait dû à mon sens obliger l'Assemblée à entreprendre ce travail avec cette vision et cette perspective d'ensemble. Cela a été fait je le crois pendant les quelques mois où les commissions ont élaborés leurs thèses. Malheureusement, dès le moment où le travail en plénière a commencé, l'assemblée constituante s'est transformé en Grand Conseil bis et ont commencé les disputes partisanes qui nous ont fait perdre de vue l'objectif.

Dans cette perspective, l'affrontement majorité-minorité se révèle à sens unique et nous mène finalement dans une voie sans issue. L'argument selon lequel les élus de la Constituante ont reçu comme mission de faire ce qui leur semble bon des éléments contenus dans la Constitution actuelle me paraît une grossière erreur. Il y a bien des articles qui ont fait leur preuve et qui devraient être maintenus sous une forme ou sous une autre. Certains ont une portée peut-être plus symbolique, comme par exemple le droit au logement ou l'interdiction du nucléaire, mais ce sont des affirmations de principe fortes qui créent des priorités et des obligations pour les activités de l'Etat. Dans ce sens elles ont fait leur preuve et elles n'empêchent en rien le fonctionnement de l'Etat ou le développement de l'économie. Comme le propose le manifeste, elles doivent simplement être replacées dans une perspective plus globale.

Pourquoi donc se battre sur ces questions - même si pour certains elles ne servent à rien - lorsque l'on sait qu'elles seront centrales au moment de soumettre un projet de nouvelle constitution au peuple ? Je ne crois pas que faire appel aux appareils des partis pour corriger le tire soit une bonne solution. C'est à notre assemblée de se reprendre et de trouver en son sein quelques sages représentatifs aptes à nous remettre sur de bons rails pour la suite.

08/10/2010

Constituante, un petit vent d'espoir !

 

Hier soir, au terme des débats sur l'emploi et en dernière seconde, Pierre Kunz et Murat Alder ont soumis à l'Assemblée un amendement pour réintroduire l'égalité entre hommes et femmes dans la Constitution en précisant qu'à travail de valeur égale devait correspondre un salaire égal.

Même si cette proposition est quelque peu appauvrie par rapport à la proposition faite par la Commission 1 (La femme et l’homme sont égaux en droit. Ils ont droit notamment à la même formation, à un salaire égal pour un travail de valeur égale, à l’égalité des chances dans la vie professionnelle et la vie familiale), je ne peux que saluer cette initiative même si elle ne m'a pas semblé très concertée entre les partis de l'entente comme on nous le fait croire maintenant.

Il conviendrait aussi de reconnaître que l'affirmation de l'égalité entre femmes et hommes n'est pas une tâche de l'Etat mais doit bien s'inscrire dans les droits fondamentaux. La thèse suivante, acceptée également par une majorité hier soir, appelant l'Etat à veiller à l'application du principe du salaire égal pour un travail égal a par contre toute sa place dans ce 5ème chapitre de la constitution.

J'ose espérer que cet accès de sagesse de la majorité de l'Assemblée sera bientôt suivi d'autres signes concrets d'une volonté retrouvée de parvenir à un texte acceptable par le plus grand nombre.

05/10/2010

Le Centre Social Protestant et Caritas-Genève lancent un appel aux Constituants

Début juillet, tous les membres de l'Assemblée Constituante ont reçu une lettre signé par les directeurs de Caritas et du CSP.

Il me semble utile de porter cette lettre à la connaissance du public. En effet si nombre des droits que les signataires souhaitent voir inscrits parmi les droits fondamentaux ont été refusé s ou renvoyés lors de l'étude de ce chapitre en plénière en mai dernier, les constituants ont l'occasion de revenir en partie sur ces décisions dans le débat actuel sur les tâches de l'Etat. Espérons qu'il ne s'agira pas d'une nouvelle occasion manquée !

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