03/02/2014

Tromperies sur la proportion des étrangers en Suisse

A chaque votation portant sur la thématique de la population étrangère, l'argument de la proportion des étrangers dans notre pays, soi-disant bien plus élevée que dans les autres pays revient constamment. C'est de la désinformation pure étant donné que ceux qui avancent ces chiffres ne tiennent absolument pas compte du fait que les délais pour demander une naturalisation en Suisse, même en procédure facilitée, sont deux à trois fois plus longs qu'ailleurs. Si nous étions donc en France, en Grande-Bretagne, voire même en Allemagne, avec la même population nous aurions 30 à 50% d'étrangers en moins car tous les autres seraient déjà naturalisés !

Cette politique restrictive de naturalisation prive par ailleurs de droits politiques de nombreuses personnes qui habitent, travaillent, payent des impôts, contribuent à l'équilibre de notre démographie et de nos assurances sociales, etc. Car non seulement les délais pour déposer une demande de naturalisation sont trop long, mais ensuite la procédure s'étend encore sur plusieurs années ! Et bien entendu ceux qui s'opposent à raccourcir les délais pour la naturalisation sont aussi ceux qui font tout pour que les étrangers ne puissent avoir accès aux droits politiques communaux et cantonaux pour pallier en partie à cette exclusion intolérable dans un pays qui se vante de son système démocratique. Cela leur permet de continuer d'affirmer de manière mensongère que leur proportion est trop élevée et de lancer à tour de bras des initiatives destructrices pour notre avenir, pour notre économie, pour les Suisses et pour les étrangers.

14:12 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Tout à fait d'accord avec vous. J'ajouterai même que dans pas mal de pays les enfants d'étrangers acquièrent la nationalité du pays dans lequel ils sont nés. Si les enfants et petits-enfants des Italiens, Epagnols ou Portugais qui travaillent chez nous depuis des dizaines d'années avaient pu jouir d'une naturalisation facilitée, nous n'aurions pas un million d'étrangers en Suisse.

Écrit par : Brunette | 03/02/2014

Brunette, n'oubliez pas qu'un très grand nombres de jeunes étrangers ne désirent pas se naturaliser afin d'éviter leurs obligations militaires ! Donc, les droits Oui mais les devoirs Non ! Bel exemple d'intégration !
Les délais permettent d'éviter de naturaliser des gens qui ne se comportent pas correctement, la France est un exemple !

Écrit par : Octave Vairgebel | 03/02/2014

Il vaut mieux vivre en Suisse sans droit de vote qu'à l'étranger sans le droit de voter.

Écrit par : norbertmaendly | 03/02/2014

Bonjour Monsieur,

J'ai lu votre texte avec beaucoup d'attention. Je dois dire que je ne comprends pas très bien le vocable “trompeur” que vous utilisez.

On peut critiquer la lenteur du système Suisse pour la naturalisation, et souhaiter (ou non) qu'elle soit accélérée, mais quand on dit qu'en Suisse, il y a environ 25 % de la population qui est étrangère (c'est-à-dire qui n'a pas la nationalité Suisse), ce n'est pas un chiffre trompeur. C'est un chiffre vrai, réel, honnête, objectif.

Quant au fait que les étrangers n'ont pas le droit de vote, malgré le fait qu'ils travaillent, vivent et paient des impôts ici, je trouve cela tout à fait normal. Aucun pays au monde ne fait autrement. Le droit de vote, comme son nom l'indique, est un droit. Et ce droit va de pair avec des devoirs et des responsabilités. On ne saurait les réduire au fait de payer des impôts.

Le droit de vote est également un privilège et signe d'une intégration réussie à long terme, qui passe, pour moi, par la naturalisation, preuve qu'une personne veut véritablement s'intégrer à la Suisse.

Pour finir, pour la votation de dimanche prochain, je vais voter en OUI, non pas par peur, par racisme, mais par pragmatisme. Car enfin, il est une réalité toute simple et toute concrète, je ne pense pas que notre petit pays puisse continuer indéfiniment à accueillir 80'000 personnes supplémentaires chaque année. Nos infrastructures ne suivent pas.

Les soi-disant menaces de l'Union Européenne ne m'effraient pas. L'Europe a besoin de la Suisse. L'initiative ne prévoit d'ailleurs pas une fermeture complète, mais une limite, modifiable chaque année. Chaque pays n'a-t-il pas le droit souverain de décider ce qui se passe à ses frontières et sur son territoire, malgré des accords passés avec des pays partenaires ?

Votre blog a le mérite d'ouvrir le débat, de proposer une plate-forme pour que chacun puisse exprimer avec respect son opinion et ses arguments.

Nous ne serons pas forcément tous d'accord à la fin, mais nous pouvons être enrichis et interpellés par les arguments des autres.

Merci et bonnes salutations.

Écrit par : Laurent Taverney | 04/02/2014

Cher Monsieur,

Merci de votre réaction. Dans mon commentaire je faisais allusion aux comparaisons entre proportions d'étrangers par rapport au reste de la population. Et c'est sur ce point que le fait de ne pas prendre en compte les différentes politiques de naturalisation fausse ces comparaisons.

En ce qui me concerne, je considère que la possibilité d'octroyer au bout d'un certain nombre d'années de séjour en Suisse (5 à 8 ans)des droits politiques au niveau communal et cantonal à celles et ceux qui le souhaitent est justement un encouragement à s'engager, à participer et donc à s'intégrer. A cause du délai beaucoup trop long pour entamer des procédures de naturalisation et avoir une réponse, bien des personnes sont démotivées, se résignent finalement à garder leur statut d'étranger et se désintéressent de la chose publique.

Je trouve que c'est un mauvais calcul que nous faisons qui trahit notre volonté de ne pas vraiment vouloir les intégrer.

Écrit par : Maurice Gardiol | 05/02/2014

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