24/03/2013

De la difficulté d’être un parti « évangélique »

En décidant de soutenir un nouveau durcissement de la législation sur l’asile, le Parti dit Evangélique vient de démontrer la difficulté, comme d’autres avec lui, de prétendre monopoliser l’Evangile ou le christianisme d’une manière partisane dans le champ du politique. Recourant quand cela lui convient à des interprétations fondamentalistes du texte biblique, il fait fi aujourd’hui des multiples injonctions concernant l’accueil de l’étranger qui se trouvent dans cette même Bible. Mais plus encore ce parti se désolidarise des prises de position de la plupart des églises de notre pays. Ces dernières, avec de nombreuses oeuvres d'entraide connaissant bien la réalité sur le terrain, s'élèvent depuis des années contre une politique qui vide de sons sens le droit d’asile et qui s’attaque chaque fois un peu plus aux protections essentielles que devraient garantir ce droit. Les modifications envisagées par la Suisse dans ce domaine sont maintenant clairement dénoncées même par le Haut Commissariat des Réfugiés de l’ONU: (http://www.unhcr.ch/fileadmin/user_upload/unhcr_ch/Recht/...)

Certes il pouvait être justifié de se poser la question sur l’utilité de lancer un nouveau référendum sur une modification de la loi sur l’asile. Pour ma part je me suis demandé si, en tant que défenseurs de ce droit, il ne convenait pas de trouver d’autres moyens et d'autres stratégies pour lutter contre les réflexes de peurs et de repli sur soi plutôt que d’offrir une nouvelle occasion aux partis nationalistes de faire leur propagande nauséabonde. Mais maintenant que le peuple souverain doit se prononcer, il est incompréhensible que le PEV s’allie de cette manière aux tenants de l’exclusion et du mépris des droits fondamentaux. Je ne comprends absolument pas ce qu'il y a encore d'évangélique dans une telle position. Cela me semble plutôt une manière de chercher de nouveaux soutiens dans un électorat populiste pour un parti minoritaire et en rien représentatif d'un engagement chrétien responsable.

10/03/2013

Les socialistes osent prendre au sérieux la nouvelle constitution

Le groupe "socialiste-pluraliste" à la Constituante avait pris l'initiative de proposer l'élection majoritaire à deux tours du Conseil d'Etat dans la nouvelle constitution. Cette proposition faisait partie de la feuille de route adoptée par le parti socialiste et elle a été soutenue par une large majorité des constituants. Pour rendre cette nouveauté opérationnelle et offrir aux citoyennes et aux citoyens la possibilité d'exprimer leurs préférences au premier tour de l'élection du Conseil d'Etat, il convenait que les partis politiques présentent des listes ouvertes. A ce jour seuls les socialiste l'ont fait.

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