14/07/2012

CONSTITUTION 2012: création d'une plateforme pour le OUI

Communiqué de presse

Dans la perspective de la votation du 14 octobre prochain, plus d'une cinquantaine de membres de l'Assemblée constituante qui se sont prononcés en faveur du projet de nouvelle constitution ont pris l'initiative de constituer une Plateforme pour le "oui à la constitution 2012".

Nous sommes en effet convaincus que le texte proposé, tout en maintenant des acquis importants de la constitution actuelle, contient des avancées substantielles et des idées novatrices dans plusieurs domaines qu'il vaut la peine de soutenir. Le texte final est le résultat de travaux assidus, menés par des personnes de sensibilités politiques très différentes. Il est le fruit de l'action déterminée de celles et ceux qui ont préféré le dialogue aux blocages afin de défendre l'Etat de droit et l'intérêt général pour les décennies à venir.

Nous invitons les personnes, les groupements et les associations qui partagent cette conviction à se joindre à notre plateforme et à participer avec nous aux diverses actions que nous entreprendrons ces prochaines semaines pour assurer une information aussi large que possible à la population sur les enjeux du choix à faire le 14 octobre 2012.

LA NOUVELLE CONSTITUTION, C'EST MAINTENANT !

Celles et ceux qui souhaitent dés maintenant rejoindre cette plateforme peuvent s'annoncer par téléphone au 076 611 34 30 ou par courriel à l'adresse: contact@ouiconstitution2012.ch

Maurice Gardiol, coordinateur de la Plateforme "Oui à la constitution 2012"

Autres membres du Comité

Thomas Büchi, Marguerite Contat Hickel*, Simone de Montmollin, Patrick-Etienne Dimier, Benoît Genecand*, Béatrice Gisiger Lionel Halpérin*, Cyril Mizrahi, Corinne Muller, Olivier Perroux, Jean-Philippe Terrier *

assistant: Pierre Meyer * (à partir du 23.7)

(* personnes de contact pendant le mois de juillet)

 

Commentaires

CES QUELQUES REMARQUES AU SUJET D'UN PROJET INACCEPTABLE DE CONSTITUTION POUR GENEVE

Article 3, alinéa 2: L’Etat ne salarie ni ne subventionne aucune activité culturelle.
La culture est donc uniquement financée par le domaine privé, qui par définition est désintéressé, soucieux du bien commun, du savoir, de l’évolution et de l’histoire intellectuelle et artistique en particulier. Comment donc! No comment.
Article 15, 4: La femme et l’homme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.
Actuellement, dans le Privé et ce depuis des décennies, à travail égal, les femmes gagnent 20-25% de moins que les mâles, dans quasiment tous les domaines. A elles de se battre pour que ça change. L’Etat ne va pas aider celles qui sont sûres de gagner… en justice, tout de même. Cet Etat néo-libéral projeté ne va quand même pas garantir l’égalité des salaires, s’engager à faire respecter ce principe basique. Faut pas pousser mémé, juste l’encourager. Dans un siècle ou deux, peut-être, allez savoir…
Article 28: Le droit à l’information est garanti.
Je pense à un article tout petit, paru il y a quelque temps dans un de ces canard boiteux gratuits grâce auxquels les gens lisent encore un petit peu: « Un des réacteurs nucléaires de Fukushima a redémarré… » C’est touchant de nous garantir des informations de ce genre, désinformations qui ont tendance à se multiplier. Vu la concentration des médias en cours, la proche absence totale de concurrence entre les rares géants qui les accaparent tous (pour en supprimer une bonne part), les constituants auraient pu écrire: « Le droit à l’information unique est garanti. » C’est le droit à la diversité des sources d’information qui devrait être garanti par l’Etat, seule sécurité contre la propagation de mensonges, la rétention ou le défaut d’objectivité d’informations.
Article 27, 1: La liberté des médias et le secret des sources sont garantis.
Est-ce la liberté pour les médias d’appartenir tous au même trust qui est garantie?
Article 27, 2: La censure est interdite.
? A quand la diffusion de films pornos sur la TSR ou la publication des cahiers spéciaux «Le nazi moderne» et «Les bienfaits du suicide chez les vieux et les homo» dans «Le Matin» ?
Article 36, 3: L’information syndicale est accessible sur les lieux de travail.
La tournure est fine. Traduction: toute réunion syndicale autre qu’informative est interdite sur les lieux de travail. Je dirais même plus: les employés ont le droit de consulter le panneau informatif des syndicats. Point.
Article 37: Le droit de grève et le droit de mise à pied collective sont garantis s’ils se rapportent aux relations de travail et sont conformes aux obligations de préserver la paix du travail ou de recourir à une conciliation.
La loi peut interdire le recours à la grève à certaines catégories de personnes ou limiter son emploi afin d’assurer un service minimum.
Manifestement, la majorité des constituants ne voit aucun problème à faire figurer tout et son contraire dans le même article. Le droit de grève agonise et la mise à pied collective est garantie.
Article 66: Référendum en matière d’assainissement financier.
66, 2: Pour chacune de ces mesures réduisant les charges, le vote oppose la modification législative proposée à une augmentation d’impôt d’effet équivalent.
66, 3: Le corps électoral ne peut opposer ni un double refus ni une double acceptation à l’alternative proposée.
Pas bête, la majorité des constituants: proposée sous cette forme, chaque réduction de postes d’enseignants, de soignants ou de policiers, par exemple, a toutes les chances d’être acceptée. Quasiment personne n’est prêt à payer plus d’impôts pour conserver le même système social. Mais dites-moi: lorsqu’un des budgets spécifiques de l’Etat doit être augmenté (formation obligatoire jusqu’à 18 ans, p.ex.), l’augmentation d’impôts est-elle aussi automatique?
Article 138, 1: Le canton encourage et facilite la fusion de communes.
138, 2: A cet effet, il prend des mesures incitatives, notamment financières.
Donc, les communes fusionnées payeront moins à l’Etat. Nous pouvons croire que plus grosses seront les fusions, plus gros seront les cadeaux de l’Etat… et les salaires des conseillers administratifs. Payera-t-on moins d’impôts dans ces néo-communes? Rien n’est moins sûr. Ce qui est sûr, c’est que l’Etat y perdra financièrement. Vivent les communes célibataires!
Article 150: Le service public assume les tâches pour lesquelles une intervention des pouvoirs publics est nécessaire.
On dirait du Bush junior. Etant donné, selon l’article 9, 1 que l’Etat agit au service de la collectivité, en complément de l’initiative privée et de la responsabilité individuelle, le rôle, les tâches de l’Etat ainsi que la nécessité de son intervention dans la société sont complémentaires, l’essentiel du bon fonctionnement de celle-ci étant dû au domaine privé, par enchantement. Car il faut croire que le précepte de base du libéralisme débridé, valable pour l’économie et la finance, selon lequel moins il y aura de règles, mieux elles se porteront (b’en voyons), est applicable dans tous les domaines sociaux. C’est du magique automatique.
Article 159: L’approvisionnement en eau est garanti en quantité et en qualité suffisante. Cette source doit être préservée et économisée.
L’approvisionnement en eau est garanti par qui? L’Etat peut très bien se limiter au contrôle de cet approvisionnement, assuré par le domaine privé. L’approvisionnement en eau est garanti, mais à quel prix? Motus.
Article 161: L’Etat respecte les principes de l’écologie industrielle.
Quelqu’un a-t-il déjà entendu parler de cette écologie spécifique? On peut dès lors soupçonner l’existence des écologies individuelles et publiques, qui n’ont sans doute rien à voir; ça fleure bon la complexité, chasse gardée d’experts au fin nez.
Article 166: L’Etat assure un libre accès aux rives du lac et des cours d’eau dans le respect de l’environnement et des intérêts publics et privés prépondérants.
Le statu quo dans toute sa splendeur fluide: les intérêts qui prévalent sont naturellement d’ordre sécuritaire et privé, car figurez-vous que les riverains du lac ont beaucoup de choses à garder.
Article 172: Les droits des patients sont garantis.
Ça c’est gentil: on a encore le droit d’être malade.
Article 173: L’Etat soutient l’action des proches aidant.
Cet article s’inspire sans doute des politiques africaines ou berlusconienne en matière de soins: le concours des familles est indispensable à la survie du patient, les professionnels n’ayant de temps que pour son aspect technique, pour la paperasse et les rapports informatiques. J’avais un grand-oncle, mort il y a quelques années dans une clinique huppée de la Riviera vaudoise. Pendant des mois, ne parvenant plus à se nourrir et s’hydrater, il dépendait totalement de son épouse pour ce faire. Les soignants avaient juste le temps de lui déposer son plateau sous le nez.
Article 194: La formation est obligatoire jusqu’à l’âge de la majorité au moins.
Combien va nous coûter l’application de cet article? Rassurons-nous, l’Etat n’en a pas les moyens. De braves entreprises philanthropes vont se faire une joie de le financer. Toutefois, les familles seront mises à contribution, avec le devoir d’entretenir leurs rejetons jusqu’à 18ans au moins. On va multiplier les années d’apprentissage et offrir gracieusement aux pubères un petit argent de poche. Ils vont être super contents. Ça va les calmer.
Article 222, 1: Le contrôle externe de l’Etat est assuré par la Cour des comptes.
Article 222, 2: La révision des comptes de l’Etat est assurée par un organe externe et indépendant désigné par le Grand Conseil. Il peut s’agir de la Cour des comptes.
J’aime.
Article 94: Le Grand Conseil exerce la haute surveillance sur le Conseil d’Etat, l’administration et les institutions cantonales de droit public, ainsi que sur la gestion et l’administration du pouvoir judiciaire et de la Cour des comptes.
Le Grand Conseil, superboss, surveillant en chefS de tout le système politique, judiciaire et de la Cour des comptes de l’Etat, peut dessaisir celle-ci afin de réviser les comptes, lorsqu’il s’avère qu’ils sont tordus. Il peut, si ça lui chante, si le zèle de sa Cour des comptes le fâche, payer une société privée pour ce faire. Quelque chose m’échappe: le rôle de la Cour des comptes est de surveiller la conformité, la véracité des comptes de l’Etat, et le cas échéant, de les réviser. Le Grand Conseil a la charge de la haute surveillance de la Cour des comptes. Qui surveille qui? C’est l’œil du Grand Conseil qui surveille tout. Il est tout en haut, il voit tout.

Yvan Perrenoud

Écrit par : yvan perrenoud | 18/07/2012

Sans entrer dans le détail, mais pour montrer à quelle point votre lecture est tordue par vos préjugés, l'article 3 ne parle pas d'activités culturelles, mais d'activité CULTUELLES. Ceci dans le cadre de l'article relatif à la laïcité.
Tout au contraire, le projet prévoit un article sur le soutien à la culture dans le chapitre sur les tâches de l'Etat

Maurice Gardiol, constituant

Écrit par : Maurice Gardiol | 18/07/2012

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