26/06/2012

Nouvelle constitution : dire "oui" à l'avenir !

Aujourd'hui le projet de nouvelle Constitution a été remis au Conseil d'Etat. C'est à lui maintenant de préparer la votation qui aura lieu sur ce projet le 14 octobre prochain. Pour autant notre tâche de constituant-e-s se poursuit aussi jusqu'à cette date sous une forme nouvelle. Il ne s'agit plus de rédiger des articles, mais de mettre en évidence, du moins pour celles et ceux qui ont dit "oui" lors du vote final de l'Assemblée le 31 mai dernier, ce qui fait la valeur de ce projet.

J'ai entendu ces derniers temps pas mal de gens dire ce qui leur semble manquer dans ce projet. Mais il est temps de prendre conscience qu'il y a aussi des choses formidables dans ce texte. Et la plupart des manques inventoriés par les opposant-e-s sont aussi dans la Constitution actuelle ! Alors que dans tous les titres du projet il y a des nouveautés dont certaines sont de réelles ouvertures sur l'avenir:

- au niveau de la protection de l'environnement, du respect de la biodiversité, d'une politique des énergies et de la mobilité qui tiennent compte des défis actuels et futurs

- au niveau d'une politique de la jeunesse, des aînés et de la nécessaire dynamique intergénérationnelle qu'il convient de favoriser

- au niveau du soutien aux sports et à la culture

- au niveau des droits fondamentaux qui doivent être respectés et mis en œuvre: le catalogue le plus complet et le plus moderne de toutes les constitutions de notre pays et fondé sur l'inviolabilité de la dignité humaine.

- au niveau du développement d'une économie libre, diversifiée, responsable et solidaire

- au niveau d'une gouvernance mieux coordonnée et qui prenne toujours mieux en compte la dimension régionale de son action

- au niveau de la reconnaissance de l'action des associations, des syndicats et des entreprises

Tant d'éléments parmi bien d'autres qui se trouvent dans ce projet et qui, dans la plupart des cas, n'ont rien de véritablement équivalent dans la Constitution actuelle. Nous ne devons pas faire la fine bouche. Celles et ceux qui prendront la peine de lire ce projet attentivement pourront sans doute le constater, cette Constitution vaut non seulement le détour, mais elle mérite d'être largement soutenue.

 

12/06/2012

L'Esprit de Genève: un rapt inacceptable !

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir sur l'affiche d'un des candidats à la prochaine élection complémentaire au Conseil d'Etat qu'il se revendique comme porteur à lui seul de l'Esprit de Genève !

Cela m'apparaît comme un rapt inacceptable. Il convient de rappeler que l'expression en question est due à l'écrivain Robert de Traz (1884-1951), ardent défenseur de l'héritage spirituel et humaniste de Genève, de sa vocation humanitaire et de son rôle international. Les apports de Calvin, de Rousseau, de Dunant, des pédagogues et des scientifiques qui ont fait rayonner son université, sont constitutifs de cet Esprit particulier. Mais plus encore, de Traz parle de Genève en tant que cité d'immigration et de refuge qui doit à ceux du dehors la plupart de ses qualités ! "Parce que dans cet espace si resserré, dans ce creuset minuscule mais souverain, les dialogues de tant d'espèces différentes ont été malaxés ensemble, parce que tant d'idées ont été exprimées, accueillies, débattues, parce que tant de gens ont accouru ici et tant d'autres se sont enfuis [...], on peut le dire: Genève est une ville où nul homme n'est étranger". Il rattache enfin " l'esprit de Genève " à la tradition des moralistes français et à l'humanisme chrétien, centré sur la valeur première de la personne humaine.

Ceci suffit pour affirmer que nul ne peut incarner à lui seul de l'Esprit de Genève. C'est un héritage et une construction communautaires dont personne n'a le monopole. Par ailleurs je ne suis pas certain que les idées politiques du candidat en question soient tant soit peu compatibles avec l'Esprit de Genève dont parlait Robert de Traz !