18/10/2011

Quel texte du Nouveau Testament retenir pour l'enseignement du fait religieux ?

Certains s'offusquent du fait qu'aucun texte du Nouveau Testament n'apparaisse dans la brochure "les grands textes pour interroger le monde" remis aux élèves du 9ème degré du CO. Pour ma part je pense que dans la mesure où ce premier volume traite plutôt des récits et des mythes des origines, cela n'est pas si grave, d'autant plus que, selon les concepteurs du projet qui s'inscrit dans le Plan d'études romand, des textes des Evangiles devraient figurer dans les volumes à venir pour les 10ème et 11ème degrés.

Reste à se poser la question de savoir quels textes choisir dans la perspective d'un tel programme ! Je me risque donc à dire mes préférences, même si je ne suis pas sûr qu'elles correspondraient à celles de Monsieur Pierre Weiss.

 


Magnificat (Luc 1)

Mon âme exalte le Seigneur,exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les orgueilleux.

Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères en faveur d'Abraham et de sa descendance, à jamais.

 

Béatitudes (Matthieu 5)

Heureux les pauvres en esprit, ccar le Royaume des Cieux est à eux.

Heureux les doux, car ils hériteront la terre en partage.

Heureux les affligés, car ils seront consolés.

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs non partagés, car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils et filles de Dieu.

Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux...

 

La parabole du samaritain (Luc 10)

Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l'éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?

Jésus lui dit : Qu'est-il écrit dans la loi ? Qu'y lis-tu ?

Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même.

Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras.

Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?

Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s'en allèrent, le laissant à demi mort.

Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre.

Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l'ayant vu, passa outre.

Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit.

Il s'approcha, et banda ses plaies, en y versant de l'huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui.

Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour.

Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ?

C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même.

 

En plus de ces deux textes évangéliques, il conviendrait d'en citer un de ceux qui évoquent le procès de Jésus ainsi que le récit des disciples d'Emmaüs ou celui de Thomas pour introduire la thématique chrétienne de la mort et de la résurrection qui est reprise dans de nombreuses oeuvres littéraires, picturales ou musicales au cours des siècles.

Enfin je verrai bien aussi figurer dans ce florilège de textes du Nouveau Testament le chapitre 13 de la première lettre de Paul au Coriinthiens, intitulée parfois "l'hymne à l'amour".

 

En effet, supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges: si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien de plus qu'une trompette claironnante ou une cymbale bruyante.

Supposons que j'aie le don de prophétie, que je comprenne tous les mystères et que je possède toute la connaissance; supposons même que j'aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien.

Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu'à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m'en vanter, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien.

L'amour est patient, il est plein de bonté, l'amour. Il n'est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s'enfle pas d'orgueil.

Il ne fait rien d'inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s'aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal.

L'injustice l'attriste, la vérité le réjouit.

En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère.

L'amour n'aura pas de fin. Les prophéties cesseront, les langues inconnues prendront fin, et la connaissance particulière cessera...

Notre connaissance est partielle, et partielles sont nos prophéties. Mais le jour où la perfection apparaîtra, ce qui est partiel cessera. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais et je raisonnais en enfant. Une fois devenu homme, je me suis défait de ce qui est propre à l'enfant.

Aujourd'hui, certes, nous ne voyons que d'une manière indirecte, comme dans un miroir. Alors, nous verrons directement. Dans le temps présent, je connais d'une manière partielle, mais alors je connaîtrai comme Dieu me connaît.

En somme, trois choses demeurent: la foi, l'espérance et l'amour, mais la plus grande d'entre elles, c'est l'amour.

 

Commentaires

On nage en pleine propagande chrétienne. Contresens complet sur le "royaume des cieux". C'est bien un cours de religion à l'école publique et laïque qui est proposé. Il est symptomatique que les premières salves contre le programme viennent des chrétiens qui voient leur échapper un endoctrinement propre en ordre.

Et pourquoi pas :

"Et ceux qui ne veulent pas que je règne sur eux, amenez les et égorgez les en ma présence."

"Je n'amène pas la paix, mais la guerre."

Les "races de vipère"...

Etc., etc.

Et finalement, exécuté comme un criminel, parce que criminel, avec deux de ses complices.

Écrit par : Johann | 18/10/2011

Excellent choix! Bravo Monsieur Gardiol! Cela permettrait d'avoir un enseignement du fait religieux un peu plus nuancé.

Écrit par : Tobie | 19/10/2011

Merci Maurice pour tes réflexions et la pierre que tu apportes au débat.

Néanmoins, je dois te corriger sur le contenu des grands textes de 9e année. En effet, si les deux premiers chapitres traitent de la naissance du monde puis du déluge et de la condition humaine, le dernier chapitre aborde la question de la mort et de l'au-delà.

Voir les pages 19 à 22 de la présentation faite par le DIP ce printemps:
http://www.ge.ch/dip/doc/actu/2011/110519_cp_grands-textes_presentation.pdf
Et là, effectivement pas trace de texte du Nouveau Testament. Les vacances de Pâques sont encore offertes aux élèves en référence à la fête chrétienne la plus importante, qui a marqué et marque encore notre société.

Alors pourquoi pas un texte comme la finale de l'Evangile de Marc qui se termine dans sa version courte sur la peur des femmes?

Écrit par : Nicolas Genequand | 21/10/2011

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