20/10/2008

les associations et la société civile sont présentes

Ce n'est pas parce qu'un certain nombre de listes indépendantes n'ont pas atteint le quorum que les associations et la société civile ne seront pas présentes dans la Constituante.

Tout d'abord parce que bon nombre de partis ont ouvert leurs listes à des non-membres, dont plusieurs, comme moi, ont été élus. Parmi ces élus, beaucoup ont des responsabilités importantes dans le travail associatif : Christiane Perregaux, présidente du Centre de contact Suisses-Immigrés, Georges Chevieux, directeur d'Emmaüs, et le soussigné, Président de Camarada, en sont quelques exemples.

D'autre part, plusieurs autres membres de la Constituante sont aussi fortement engagés dans le travail associatif. Les uns et les autres nous allons probablement joindre nos voix à celles des 3 élus de la liste associative pour une meilleure reconnaissance de l'économie sociale et solidaire à Genève et une redéfinition d'un partenariat constructif entre Etat et Associations.

Il y a heureusement aussi plusieurs jeunes qui sont élus, qui sont pleins d'idées et enthousiastes. Le regret principal, c'est donc le déséquilibre que nous devrons vivre au sein de la Constituante avec le manque d'une réelle parité hommes-femmes. Il conviendra que pour l'avenir  les femmes - et les hommes - trouvent de nouvelles stratégies pour soutenir l'élection des femmes. Celle qui a été adoptée pour l'élection de la Constituante ayant malheureusement démontré ses limites.

 Maurice Gardiol

16/10/2008

Ne pas abandonner les jeunes

Ce soir ATD Quart-Monde et Amnesty donnaient dans un auditoire de l'Uni-Mail la parole à des jeunes "en rupture" et à leurs familles. En rupture de projet parce que malheureusement ces jeunes n'ont pas réussi dans leur scolarité obligatoire à franchir un certain seuil. En rupture parce que malgré le filet social existant à Genève, ils ont passé entre les mailles, ils ont été dévalorisés et ne parviennent plus à retrouver un second souffle. C'est pourquoi j'estime de première importance, avec mes colistiers et colistières de la liste socialiste-pluraliste, de prolonger le droit à une scolarité dite obligatoire, par une formation de base et une première intégration professionnelle garanties. Il ne faut pas que des jeunes de 15, 16 ou 17 ans se retrouvent au chômage comme première expérience d'insertion sociale! Il faut que des employeurs potentiels puissent être incités et soutenus afin d'augmenter les places d'apprentissages, avec un suivi de qualité grâce à une meilleure coordination des différents services publics et privés concernés. C'est ainsi que nous prévendrons l'exclusion et la misère.

Maurice Gardiol

13/10/2008

Restons les pieds sur terre

Il y a quelques jours je proposais que la Constituante organise ses réunions au Salève pour prendre un peu de hauteur! Cela ne signifie pas qu'il faudrait que les membres de cette Assemblée se mettent systématiquement à faire du delta plane. Au fur et à mesure que l'échéance approche, plus la fébrilité des candidat-e-s dont je suis augmente, sans pour autant que cet enthousiasme semble contaminer le citoyen lambda. On nous annonce du reste un taux de participation très moyen pour cette élection.

Il faut avouer qu'il est difficile de motiver ou de faire rêver les gens avec la proposition assez vague de rénover leur cadre de vie constitutionnel. Les vrais soucis de genevois sont plus concrets et plus immédiats : logement, chômage, coût de la vie voire fumée ou crottes de chiens. D'autre part il n'y a pas de véritable crise institutionnelle, quoi qu'en disent certains candidats. Globalement les citoyens sont plutôt satisfaits du fonctionnement actuel de nos institutions. Ils espèrent bien sûr certaines améliorations, l'évitement de certains doublons ou une meilleure répartition des charges et une plus juste peréquation intercommunale, mais pour le reste je ne crois pas qu'ils aspirent à des changements fondamentaux dans le sytème politique en vigueur. Il faudrait que les tenants du grand chambardement démontrent que d'autres systèmes sont "moins pires" (voire la France, la Belgique ou l'Italie!). L'essayiste franco-suisse François Garçon vient de publier un éloge du modèle suisse dans lequel il explique pourquoi nous nous en sortons beaucoup mieux que les autres. De quoi faire réfléchir. Le modèle n'est pas parfait, il a entre autre le défaut de la lenteur. Mais, comme l'expliquait un de mes professeurs de politique sociale, lorsque finalement un choix est fait ou une décision est prise par le peuple suisse, c'est du solide !

 A ce sujet, il conviendra que dans leur travail, les constitants ne jettent pas le bébé avec l'eau du bain. Certes notre Constitution est devenue illisible ce qui rend nécessaire sa réécriture. Mais il conviendra de se rappeler que bon nombre d'ajouts et bon nombre de droits inscrits dans la présente Constitution sont le fait de choix populaires démocratiquement exprimés. Beaucoup de candidats expriment le désir d'associer largement la population tout au long du processus d'écriture de la nouvelle Constitution. Il ne devront pas oublier que dans l'actuelle texte la population a eu à maintes reprises l'occasion de faire des choix et qu'ils devront aussi avoir du respect pour cette expression d'une volonté populaire.

Cela ne signifie pas que la nouvelle Constituante devra être systématiquement conservatrice. Elle devra aussi contenir un souffle nouveau stimulant  et ouvrir des pistes inovantes pour l'avenir de notre République. Il conviendra de faire la part des choses entre résistance et ouverture. En sachant nous inspirer de ce qu'il y a de meilleur dans le modèle suisse tout en cherchant modestement à le rendre plus vivant et plus opérationnel.

Maurice Gardiol

08/10/2008

La Terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la Terre !

C’est en substance ce qu’a déclaré le théologien de la libération Leonardo Boff lors de sa conférence mardi soir à Genève. Il s’agit d’un renversement non seulement éthique, mais aussi spirituel, de notre regard sur le monde et tout ce qui le compose et lui permet de vivre.

La Terre promise ne l’est plus dès que nous l’accaparons. Alors nous l’épuisons et au final nous serons nous-mêmes détruits et engloutis par les dysfonctionnements que nous aurons provoqués à force de lui avoir manqué de respect.

Affirmer que nous sommes « poussière et que nous retournerons à la poussière » n’est pas une considération cynique sur l’existence humaine, c’est la prise de conscience de notre propre fragilité et de nos propres limites qui est le fondement d’une éthique sociale et fixe le cadre de notre responsabilité écologique, socio- économique et  politique.

La crise financière actuelle est un signe que nous avons perdu le sens de la mesure. Il en va de même des dérèglements du climat et du fossé qui se creuse entre le Nord et le Sud, entre les centres et les périphéries. Pour remédier à tout cela, il ne suffit pas d’affiner le concept de « développement durable » qui revient actuellement dans tous les discours.

Il nous faut changer d’état d’esprit, remettre l’humain et l’humanité au cœur de nos priorités et de nos activités, relire de manière critique les notions de progrès, de développement et de profit lorsqu’elles ne sont plus orientées par le bien commun. Notre véritable liberté c’est de faire des choix qui nous maintiennent dans la Vie en sachant que cette qualité de vie avec un grand « V » dépend aussi de celle des autres.

Pour que la nouvelle Constitution soit habitée par un souffle, par une vision, j’espère que l’Assemblée qui sera élue le 19 octobre se donnera le temps de cette réflexion sur nos valeurs fondamentales et la manière de les mettre en œuvre dans les prochaines décennies.

Maurice Gardiol

02/10/2008

La Constituante au Salève !

Suite aux différentes discussions sur le lieu où la Constituante devra mener ses réflexion et rédiger ses propositions, pourquoi ne pas l'envoyer au sommet du Salève, histoire qu'elle prenne un peu de hauteur ? Bien entendu, par souci de développement durable, les membres de la Constituante prendront le téléphérique ce qui leur donnera aussi l'occasion de méditer sur l'importance de ne pas perdre le fil ou de ne pas pêter un cable !

En travaillant, ses membres auraient sous leurs yeux l'espace auquel ils devront penser. Ils constateront que les frontières sont bien virtuelles et qu'il convient aussi d'intégrer à leur réflexion les complémentarités et les synergies possibles avec les voisins à portée de vue.

Les nombreux avions qui passeront sur leurs têtes leur rappelleront que nous ne sommes pas grand chose sans les liens qui nous unissent au reste du continent et au monde entier. La nouvelle Constitution ne devrait pas être une occasion de construire de nouveaux remparts, mais bien d'encourager de nouvelles ouvertures.

Si le brouillard vient s'installer dans leurs débats, ils constateront bien vite qu'ils sont coupés de la réalité et qu'une petite descente en parapente s'impose pour remettre les pieds sur terre.

Maurice Gardiol