08/10/2008

La Terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la Terre !

C’est en substance ce qu’a déclaré le théologien de la libération Leonardo Boff lors de sa conférence mardi soir à Genève. Il s’agit d’un renversement non seulement éthique, mais aussi spirituel, de notre regard sur le monde et tout ce qui le compose et lui permet de vivre.

La Terre promise ne l’est plus dès que nous l’accaparons. Alors nous l’épuisons et au final nous serons nous-mêmes détruits et engloutis par les dysfonctionnements que nous aurons provoqués à force de lui avoir manqué de respect.

Affirmer que nous sommes « poussière et que nous retournerons à la poussière » n’est pas une considération cynique sur l’existence humaine, c’est la prise de conscience de notre propre fragilité et de nos propres limites qui est le fondement d’une éthique sociale et fixe le cadre de notre responsabilité écologique, socio- économique et  politique.

La crise financière actuelle est un signe que nous avons perdu le sens de la mesure. Il en va de même des dérèglements du climat et du fossé qui se creuse entre le Nord et le Sud, entre les centres et les périphéries. Pour remédier à tout cela, il ne suffit pas d’affiner le concept de « développement durable » qui revient actuellement dans tous les discours.

Il nous faut changer d’état d’esprit, remettre l’humain et l’humanité au cœur de nos priorités et de nos activités, relire de manière critique les notions de progrès, de développement et de profit lorsqu’elles ne sont plus orientées par le bien commun. Notre véritable liberté c’est de faire des choix qui nous maintiennent dans la Vie en sachant que cette qualité de vie avec un grand « V » dépend aussi de celle des autres.

Pour que la nouvelle Constitution soit habitée par un souffle, par une vision, j’espère que l’Assemblée qui sera élue le 19 octobre se donnera le temps de cette réflexion sur nos valeurs fondamentales et la manière de les mettre en œuvre dans les prochaines décennies.

Maurice Gardiol

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