Résistance et ouverture

  • Un club pour l'avenir de Genève ?

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    A Benoît Genecand, ancien collègue constituant, qui rappelait à l'occasion de la fête nationale sur sa page Facebook que la Suisse a longtemps été aussi un pays d'émigration, j'ai laissé le commentaire suivant:

    « Pour savoir où tu vas, souviens-toi d’où tu viens » (Proverbe africain). Et aussi « Souviens-toi que tu as été esclave en pays d’Egypte » (La Bible)! Il y a hélas aujourd’hui trop de gens qui ont perdu la mémoire et qui par conséquent perdent aussi le sens de la responsabilité, de la solidarité et ne savent plus comment vivre de l’espérance pour eux et pour les générations à venir. Il nous faut cependant repérer et encourager les germes qui annoncent qu’un avenir reste possible. Et pour cela il nous faut unir nos forces, nos réflexions et nos imaginations au-delà de nos convictions et de nos sensibilités diverses pour sortir des combats idéologiques stériles et à court terme. Pourquoi ne pas tenter de former au niveau local déjà un tel groupe d’échange intégénérationnel, interpartis, pluridisciplinaire et interconvictionnel comme avait pu l’être à un moment le « Club de Rome »?

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  • Des sourciers pour notre temps

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    Mon grand-père était fontainier et avec son entreprise il a creusé au siècle dernier plusieurs puits dans notre canton pour permettre l’alimentation en eau potable des foyers de notre canton. Georges Haldas, notre grand poète genevois, a publié pendant des années des chroniques dans la Revue Choisir et il les a rassemblées en 2001 dans un livre aux Editions l’Âge d’Homme sous le titre « Murmure de la Source ». Pour lui la Source est sa manière de donner un nom à Dieu comme source spirituelle indispensable à nous donner notre dimension d’Être en relation avec le monde et avec les autres. Il considère que parler de l’être humain sans ce lien à la source, c’est comme de parler d’un arbre coupé. Dans un autre ouvrage (Le Livre des Trois Déserts)  il écrira : Dans le désert social, présent et à venir, devenir toujours plus, les uns pour les autres, des oasis d'eau vive. L'eau vive de la relation à la Source et, à travers celle-ci, aux autres humains.

    Dans un monde sécularisé, des études font apparaître que si bien des gens n’ont plus que des liens distants et épisodiques avec les institutions religieuses, une certaine soif spirituelle est toujours présente. Elle suscite diverses attentes et recherches.

    Frank Bridel, ancien rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne le montre dans son dernier livre « En quête de la Source » paru aux Éditions Ouverture. En nous faisant découvrir la manière dont cette quête s’exprime chez une vingtaine d’auteurs contemporains, il nous présente des sourciers et des fontainiers dont les expériences de vie et les réflexions viennent rafraichir nos cœurs et nos esprits. Avec leur aide nous pourrons éviter, en période de canicule, de nous retrouver dans un désert spirituel desséchant et désespérant. Bonne lecture !

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  • Recueillement en mémoire des victimes de Christchurch - mardi 26 mars à 17h - Mosquée Petit-Saconnex

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    Plus d'informations: www.interreligieux.ch

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  • La loi sur la laïcité de l’Etat (LLE) : un cadre pour garantir la liberté de conscience et assurer la paix religieuse

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    Les Genevois se prononceront le 10 février au sujet de la Loi sur la laïcité de l’Etat de Genève adoptée par le Grand Conseil le 26 avril 2018. Remettre en cause cette loi paraît d’autant moins justifié qu’elle a le mérite de préciser des modalités d’application non discriminatoires de la neutralité religieuse de l’Etat.

    Si la Constitution genevoise comporte un article sur la laïcité, c’est que notre canton a fait pendant plus d’un siècle l’expérience bénéfique d’une neutralité de l’Etat garantissant la liberté de conscience, de croyance et de culte, préservant ainsi la paix dans le respect de la diversité des convictions.

    Cette laïcité de l’Etat n’empêche aucunement l’expression de cette diversité dans l’espace public. Car il n’est question ici que de la manière dont la neutralité de l’Etat est mise en œuvre dans le cadre limité de l’activité des services publics, du fonctionnement de son administration et de ses institutions.

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  • Non, je ne signe pas le référendum contre la réforme fiscale et le financement de l’AVS (RFFA 17)!

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     Le Parti socialiste genevois a décidé de se joindre à quelques syndicats et partis, dont l’UDC, pour soutenir un référendum contre cette réforme adoptée par le Parlement en septembre dernier. En faisant ce choix, le PSG ne s’est pas seulement désolidarisé du Parti socialiste suisse, il a aussi désavoué l’ensemble de ses élus socialistes genevois aux chambres fédérales!

    En tant que socialiste je ne peux pas comprendre qu’on refuse un projet qui permet un apport d’au moins 2 milliards par année au financement de l’AVS sans toucher aux prestations ni à l’âge de la retraite des femmes ! Il s’agit certes du résultat d’un compromis pour ce qui concerne le volet fiscal, mais pas d’une compromission. Car il a été tenu compte sur ce point des principales raisons pour lesquelles nous nous sommes opposés à RIE3 il y a deux ans. Par ailleurs, les statuts spéciaux des entreprises étrangères doit être aboli, non seulement pour éviter que la Suisse se retrouve sur une liste noire préjudiciable à notre économie, mais aussi parce qu’il s’agit d’un système de prédation et d’injustice fiscale au niveau international.

    Cette réforme ne dit rien du taux d’imposition des entreprises puisque cette question est du ressort des cantons. Il ne faut donc pas se tromper de combat, ce que le PSG et les Verts sont en train de faire en devenant les alliés de ceux qui à terme visent le démantèlement de l’AVS. Ce qu’ils parviendront d’autant plus facilement à faire dès le moment où son financement ne sera plus assuré.

    Une telle opportunité de renforcer notre assurance sociale la plus solidaire ne se représentera probablement jamais. Raison pour laquelle j’espère qu’une majorité de socialistes genevois ne se laissera pas entraîner dans cette aventure hasardeuse du référendum.

    Maurice Gardiol, conseiller municipal socialiste, Plan-les-Ouates

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  • Jean Mohr sur la planète femmes

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    Il y a une dizaine d’années, Jean Mohr avait passé plusieurs mois à CAMARADA, centre de formation pour femmes migrantes, afin de préparer une exposition présentée à la Comédie de Genève pour marquer les 25 ans de l’association. Il a porté un regard plein de tendresse sur ces visages de personnes migrantes montrant au travers de son objectif comment elles s’investissent dans leur parcours d’intégration en lien avec les enseignantes et les animatrices qui les accompagnent. Merci à lui pour ce témoignage qui nous reste et pour toute son œuvre qui est un appel à vivre la rencontre et plus de solidarité.

    Maurice Gradiologue, ancien président de CAMARADA

    NB: L’exposition est toujours disponible pour les lieux intéressés à la présenter. Elle a aussi fait l’objet d’une publication à disposition à l’Association Camarada.

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  • Une performance « in-ouïe » : les droits humains présentés aux jeunes par un mime

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    flyer carlos martinez web2.jpgCe vendredi 2 novembre, le mime espagnol Carlos Martinez, bien connu dans toute l’Europe, évoquera les droits humains au TemPL’Oz Arts à Plan-les-Ouates lors d’une soirée spéciale pour les jeunes. Comme l’écrivait Marc Faessler dans une de ses chroniques du journal Coopération il y a quelques années, il s’agit d’une performance « in-ouïe » : le plus silencieux des langages parvient à faire entendre de quoi il retourne concrètement dans la plus abstraite des Déclarations universelles. Et, il affirme encore après avoir vu ce spectacle : Le silencieux langage du mime s’est fait parole pour tous.

    « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit » dit l’article premier de la Déclaration universelle. Cette affirmation et celles contenues dans les 29 articles suivants sont le résultat d’un constat. Celui-ci est résumé dans le préambule de la Déclaration de la manière suivante : la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme... Il est donc essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.

    Si nous fêtons les 70 ans de cette Déclaration, nous devons aussi constater qu’elle régulièrement remise en question. Certains cherchent à contester son universalité, d’autres s’en prennent aux juridictions qui ont la responsabilité de veiller à sa mise en œuvre, d’autres de manière plus insidieuse encore l’ignore ou relativise la portée de tel ou tel article en leur opposant des arguties juridiques ou de "real politique".

    C’est pourquoi il vaut la peine de relire cette Déclaration pour voir à quoi elle nous engage si nous voulons vraiment prévenir les maux qui ont fait tant de victimes hier comme aujourd’hui. C’est aussi pourquoi il faut la faire mieux connaître aux nouvelles générations qui auront la responsabilité de ne pas perdre de vue cet idéal pour leur bien et pour celui des nations.

    Toutes les informations sur les spectacles donnée à Genève par Carlos Martinez à la fin de cette semaine: www.templozarts.ch

    En ce qui concerne les chroniques de Marc Faessler dans le journal Coopération, elles ont été publiées récemment aux Editions Ouverture sous le titre "Miettes théologiques".

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  • Des résistants de l'espérance !

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    agora.jpgEn octobre 1988, dans l’ancienne chapelle de l’Abbaye de Presinge, devenue entretemps un des centres d’hébergement pour des requérants d’asile, a eu lieu une célébration œcuménique pour marquer la création de l’Aumônerie genevoise œcuménique des réfugiés et à l’aéroport (AGORA). Cette mission était confiée par les églises genevoises au pasteur Jacky Corthay, à Sœur Bernadette Porte, à  moi-même et à un Conseil présidé par Rémy Wyler.

    30 ans « aux côtés des réfugiés » pour reprendre le titre du premier mémorandum des Eglises suisses en 1985, c’est la démonstration d’un courage, d’une ténacité et d’une fidélité dans une situation où tout pourrait nous entraîner au découragement, à la résignation voire à l’abandon d’une mission « impossible » ! Mais qu’est-ce qui est impossible ? Certes l’AGORA ne peut pas faire des miracles. Mais le mandat qu’elle a reçu l’invite à croire que rester présente sur ce terrain, auprès de femmes, d’hommes et d’enfants confrontés aux incertitudes et aux injustices, garde toute sa valeur.

    J’ai retrouvé dernièrement un article que j’avais écrit pour les Nouvelles du Centre Social Protestant en 1993 en lien avec une campagne montée par le canton sur le thème Genève gagne ! Dans une liste de termes déclinés mois après mois pour évoquer le dynamisme de Genève, il y avait la solidarité. Mais elle était mentionnée en queue de liste ! J’avais alors affirmé que nous sommes invités, témoins de l’Evangile ou autres défenseurs des droits humains, à renverser l’ordre des priorités : la solidarité est première ! J’écrivais ensuite : « Elle n’est pas un luxe ou une affaire de bons sentiments. C’est une affaire de survie et une affaire de cœur ! Si l’ensemble de nos comportements personnels, sociaux, économiques et politiques ne sont pas inspirés par la solidarité, Genève ne gagnera pas… La solidarité exige aussi réflexion et action, pas l’une sans l’autre. Le risque est grand de sombrer dans des discours creux ou dans un activisme débridé. Dans un cas comme dans l’autre, le découragement et l’épuisement menacent.

    La solidarité se construit à long terme car, en ce monde habité par la course au pouvoir, à l’avoir et au savoir, il faut toujours apprendre à convertir nos regards vers l’essentiel : la rencontre avec l’Autre. C’est dans sa rencontre, au-delà de nos égoïsmes et de nos peurs, que se jouent nos vies. Si nous croyons atteindre le bonheur par le repli et l’accumulation, nous nous retrouverons bientôt barricadés dans nos angoisses et encerclés par la misère de celles et de ceux qui sont à nos portes… »

     Je ne pense pas avoir été entendu par le plus grand nombre. Mais du côté de l’AGORA et dans certains autres lieux on a continué à y croire et à agir en conséquence, en gardant le pied dans la porte et en permettant à un peu de lumière de se répandre sur les visages et dans les cœurs. Merci à ceux qui aujourd’hui sont sur la brèche aux côtés des réfugiés et en compagnie de Celui qui a dit qu’il est venu apporter une bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération, renvoyer libres les opprimés (Luc 4.18-19). Ce n’est pas encore gagné, mais vous êtres des résistantes et des résistants de l’Espérance !

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  • Quel est le plus important scandale politique de ces dernières semaines dans notre pays ?

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    Pour ce qui me concerne ce n’est pas ce qu’on appelle « l’affaire Maudet » qui remplit les pages et le temps de nos médias locaux mais bien la décision du Conseil fédéral d’assouplir l’ordonnance sur l’exportation du matériel de guerre ! Pour ce qui est de l’erreur de notre Président du Conseil d’Etat, dans la mesure où il est prêt à en assumer les conséquences et à en tirer les leçons pour la suite, il me semble que nous pourrions éviter de jeter de l’huile sur le feu. J’en connais un qui dirait « Que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre ! » et je pense que cette sentence nous invite à un peu de retenue en laissant les procédures prévues dans un Etat de droit se réaliser sereinement.

    Par contre l’abus de pouvoir « légal » que s’autorise le Conseil fédéral en matière d’exportation d’armes, facilitant ainsi l’acquisition de matériel de guerre à des pays en guerre civile, me semble inexcusable pour un pays qui est le garant des Conventions de Genève. C’est faire preuve d’une hypocrisie et d’une absence de considérations éthiques qui dépassent l’entendement. En prenant cette lâche décision, la Suisse se rend complice de ceux qui assassinent des centaines, voire des milliers de civils dans les zones sensibles de notre monde. Voici le véritable scandale ! J’aimerais que notre presse et nos blogs l’évoque régulièrement et avec plus de hardiesse pour convaincre nos autorités de ne pas commettre ce crime et encourager notre peuple à se mobiliser pour les dissuader de poursuivre dans cette voie pendant qu’il est encore temps.

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  • Quelles rites de passage dans un monde sécularisé ?

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    calendrier 2018-19.jpgDans toutes les civilisations qui nous entourent, ainsi que celles qui ont précédé notre société occidentale post-moderne, les rites de passage jouent un rôle important pour accompagner les étapes de la croissance et de la vie, en particulier des enfants et des jeunes. Ce sont aussi eux qui participent à la transmission d’une génération à l’autre d’un héritage culturel permettant de se situer dans le monde et dans l’histoire. Des repères indispensables pour construire une identité

    C’est ce que vient nous rappeler la nouvelle édition du calendrier interreligieux qui vient de paraître pour la période allant de septembre 2018 à décembre 2019. Nous pouvons y découvrir, outre la traditionnelle mention des différentes fêtes religieuses et laïques qui marquent notre calendrier, une présentation richement illustrée de seize rituels choisis dans autant de traditions différentes.

    La question que pose aussi ce calendrier, est celle de savoir quels rites peuvent encore trouver leur place dans une société sécularisée. Avec la perte de la pratique religieuse la plupart de ces rituels se perdent aussi. Ce qui fait dire à l’anthropologue Pierre-Yves Albrecht que nous sommes en train de construire une société de « non-initiés », c’est-à-dire une société qui ne parvient plus à sortir de l’enfance et se satisfait plus ou moins des objets qu’elle fabrique et qu’elle consomme. Mais dit-il encore, dans la consommation il n’y a pas de sens. Où pouvons-nous dès lors le trouver ?

    Je me souviens aussi de ce qu’écrivait le Dr Paul Tournier dans son livre : L’Homme est son lieu. Il insistait sur l’importance pour chaque être humain d’être enraciné dans un lieu identifiable. Ne serait-ce que pour pouvoir un jour le quitter ! C’est pourquoi, tout au long de cette année, la Plateforme interreligieuse souhaite réfléchir sur ces questions avec toutes les personnes intéressées par ce sujet et ce questionnement. Comment revitaliser les rites de passage de nos diverses traditions culturelles et religieuses ? Est-ce possible d’en inventer de nouveaux ? En lien avec quelles valeurs et quelles perspectives ?

    Si vous voulez suivre cette proposition, vous trouverez des informations régulièrement sur le site de la Plateforme interreligieuse: www.interreligieux.ch

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  • Qui est l'Etat ?

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    Régulièrement dans les articles de la presse locale, mais aussi dans nombre de communiqués officiels, on parle de l'Etat pour commenter une actualité ou une décision du canton. Or, selon le libellé de l'article 148 de la constitution genevoise "les tâches de l’Etat sont exécutées par le canton et, conformément à la constitution et à la loi, par les communes et les institutions de droit public."

    L'Etat n'est donc pas le Canton, mais l'ensemble des collectivités publiques formées par le canton, les communes et les institutions de droit public. Ceci devrait malgré tout fare partie des acquis cinq ans après l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution!

    A mes yeux ce n'est pas un détail car la formulation voulue par les constituants précise que l'ensemble des collectivités publiques sont concernées par les droits constitutionnels que doit garantir l'Etat et que c'est ce même ensemble, si possible de manière concertée, qui doit assurer l'exécution des tâches qui lui sont confiées.

    Et, en cas de désaccord ou de tension, opposer l'Etat aux communes n'a aucun sens!

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  • La parabole des géantes

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    Les voici reparties après avoir enthousiasmé des dizaines de milliers de personnes dans  les rues de notre cité et en avoir fait grogner quelques autres dans les bouchons ou aux arrêts TPG. Pour ma part,  je me suis demandé quel miroir nous tendaient ces deux géantes sympathiques.

    La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est que nous avions face à nous, comme des très grandes, une petite fille et une vieille, deux figures féminines et emblématiques de ce qui dans notre monde est considéré comme petit, dépendant et le plus souvent tenu à l’écart voire discriminé. Certes on dit que l’enfant dans notre société de consommation est « roi », mais c’est un « roi-jouet » qui n’est pas toujours considéré comme une personne à part entière. Quant aux vieux, surtout lorsqu’ils deviennent dépendants et fragiles, ils sont de plus en plus regardés comme une charge plutôt que comme une ressource dans une société qui mise tout sur le progrès, l’efficacité et la recherche du profit maximum.

    Avec les géantes, les adultes sont des lilliputiens et il y a beaucoup d’hommes qui tirent les ficelles malgré leurs petites tailles. Bien sûr sans eux la petite fille et la grand-mère ne pourraient pas marcher. Mais ce sont eux qui leur disent où aller, que faire, quand se reposer et quand se réveiller. Ces adultes-là sont ceux qui savent et qui dirigent, qui orientent leurs marionnettes comme bon leur semble.

    Dans la vraie vie serait-il possible d’inverser quelque peu les choses et faire que ces fils qui peuvent manipuler les autres, puissent être des liens qui relient aux fondamentaux indispensables à une vie apaisée avec les autres et avec le monde ?  L’enfant peut nous apprendre à retrouver l’esprit de confiance, la créativité et un regard débarrassé de tous les préjugés accumulés tout au long de nos existences. La personne âgée, dans la mesure où elle est confrontée à de nouvelles fragilités, à sa finitude et à la mort, peut ,elle aussi, nous apporter une autre vision, une sagesse et un questionnement sur ce qui finalement donne sens à notre vie. Enfin, ces femmes, la petite et la vieille,  nous  interpellent sur sur la contradiction qu’il y a lorsque nous maintenons tant d’inégalités envers elles alors que ce sont elles qui portent et qui donnent la vie.

    Tout cela peut sembler un peu tiré par les ficelles ! Mais n’est-ce pas un message que nous pourrions garder de ce week-end pour nous aider à grandir ?

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  • Les véritables fossoyeurs de vos retraites sont ceux qui s'opposent à la réforme proposée !

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    Je dis deux fois OUI parce que ce compromis permet réellement de consolider l'AVS et les retraites pour la génération suivante. Nous n'aurons certainement plus jamais les compensations qui sont proposées dans cette réforme si celle-ci est refusée.

    Les femmes qui ont de petits revenus ou qui ont travaillé à temps partiel sont prises en compte. Celles qui veulent continuer d'arrêter leur emploi à 64 ans pourront le faire sans perte par rapport à la situation actuelle.

    Les personnes de 45 ans et plus qui n'ont qu'une LPP obligatoire ne perdront rien non plus car le taux de conversion à 6,8% est garanti pour eux. Et les plus jeunes, dans la mesure où les cotisations versées, seront un peu plus élevées et augmenteront quelque peu leur capital de retraite, bénéficieront aussi d'une retraite qui équivaut à ce qui est garanti actuellement malgré la baisse du taux de conversion. Par ailleurs la déduction de coordination pour déterminer le salaire assuré sera réduite, ce qui évitera que trop de personnes à temps partiel ne se retrouvent sans 2ème pilier comme c'est le cas actuellement.

    Les discours idéologiques qui prétendent que cette réforme se fait sur le dos des femmes et des jeunes s'appuient sur des arguments qui ne tiennent malheureusement pas la route. J'ai co-présidé puis présidé pendant de nombreuses années le Conseil de fondation d'une caisse de retraite et je peux vous assurer que cette réforme, même si elle ne résout pas tout à long terme, permet au moins de redonner des bases saines pour la suite de la réflexion.

    Il y a eu depuis 1947 une dizaine de révision de l'AVS. C'est normal car la situation économique et démographique se modifie en permanence. En disant 2 x OUI nous nous donnons une chance de pouvoir poursuivre ce processus en évitant que le premier et le deuxième piliers soient trop affaiblis tout en apportant un réel soutien à celles et ceux qui en ont besoin.

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  • Se rencontrer et dialoguer pour surmonter nos peurs de l’autre, semblable et différent

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    Il y a une quinzaine de jours, dans le cadre des rencontres de Carême, catholiques, protestants, musulmans et personnes d’autres convictions ont assisté ensemble au temple de Plan-les-Ouates à une représentation de la pièce « Pierre & Mohamed » .[i] Elle parle de l’amitié qui liait Pierre Claverie, évêque d’Oran, et son jeune chauffeur musulman, Mohamed. Tous deux ont été tués par une bombe placée à la porte de l’évêché en mars 1996.

     Ce texte nous rappelle des paroles fortes de Pierre Claverie qui gardent toutes leur actualité. Lui qui avait passé son enfance en Algérie est amené à se poser la question pourquoi, durant toute son enfance, « étant chrétien – pas plus que les autres – fréquentant les églises – comme d’autres – entendant des discours sur l’amour du prochain, jamais je n’avais entendu dire que l’Arabe était mon prochain. Peut-être l’avait-on dit, mais je n’avais pas entendu. Alors je me suis dit : désormais, plus de murs, plus de fractures. Il faut que l’autre existe, sans quoi nous nous exposons à la violence, à l’exclusion, au rejet…

    Découvrir l’autre, vivre avec l’autre, entendre l’autre, se laisser aussi façonner par l’autre, cela ne veut pas dire perdre son identité, rejeter ses valeurs, cela veut dire concevoir une humanité plurielle, non exclusive…

    … J’ai acquis la conviction personnelle qu’il n’y a d’humanité que plurielle et que, dès que nous prétendons posséder la vérité ou parler au nom de l’humanité… nous tombons dans le totalitarisme et dans l’exclusion. Nul ne possède la vérité, chacun la recherche…  Je suis croyant, je crois qu’il y a un Dieu, mais je n’ai pas la prétention de le posséder, ni par Jésus qui me le révèle, ni par les dogmes de ma foi. On ne possède pas Dieu. On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité des autres…

    C’est animé de cette même conviction que nous préparons à Plan-les-Ouates, en lien avec la Plateforme interreligieuse de Genève, une nouvelle rencontre interculturelle et interreligieuse le samedi 20 mai prochain. Elle fait suite à un rallye vécu l’année dernière déjà qui nous a permis de découvrir la richesse de nos diversités au sein d’une cité en plein développement. Associations culturelles, folkloriques, musicales ou sportives, au même titre que les communautés religieuses, animent la vie d’un quartier, d’une région et il est bon de susciter des rencontres pour construire des ponts, faire tomber des murs et tisser les liens du vivre ensemble.

    Certains pensent que dialoguer avec des personnes d’autres convictions ou d’autres religions serait un signe de faiblesse. Au contraire je sais que pour celles et ceux qui s’y engagent, c’est au contraire un signe de force, car ils sont suffisamment bien dans leurs propres convictions pour ne pas craindre d’accueillir et de mieux connaître les autres. Distiller la peur, la rumeur et la haine rendent impossibles des rencontres apaisées et l’écoute les uns des autres. Cela fait  au contraire le lit de l’exclusion, de la discrimination et de la radicalisation. Sachons ne pas tomber dans le piège qu’ils nous tendent et, comme l’affirmait Albert Camus : « L’honnêteté consiste à juger une doctrine par ses sommets, non par ses sous-produits. »[ii]

     

    [i]  écrite par Andrien Candiard et créée en 2011 au Festival d’Avignon

    [ii] in Actuelles : Ecrits politiques, Gallimard 1950, p. 182

     

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  • Des jeunes s’engagent pour le dialogue et le respect dans une société multiculturelle et plurireligieuse

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    En marge des manifestations qui ont marqué le lancement des festivités du 500ème anniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, des jeunes de diverses origines et convictions ont animé jeudi soir dernier sous tente plantée à la Plaine de Plainpalais un événement porteur d’espoir. Malgré, ou à cause de leurs différences, qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans ou habités par d’autres croyances et convictions, ils ont souhaité se rassembler pour débattre et faire la fête ensemble.

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  • L'inculture, source de violence et de radicalistion

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    Prévenir la violence et la radicalisation, voici bien un sujet d’actualité au vu des événements tragiques qui depuis des mois ensanglantent l’actualité proche ou plus lointaine.  Les violences commises, qu’elles soient dans le cadre domestique ou dans l’espace publique sont le plus souvent la reproduction de violences subies physiquement ou psychologiquement, mais aussi d’une inculture, y compris éthique et religieuse, d’une absence de repères et d’intégration. Dans l'émission "Faut pas croire" de la RTS ce week-end, le psyhiatre Panteleimon Giannakopoulos a affirmé: "Aujourd'hui la perte de sens joue un rôle très important dans la création de la nouvelle monstruosité." Nous sommes tous concernés et nous devons aussi nous préoccuper de cette question dans nos cités, en particulier dans le cadre de notre action sociale et culturelle.

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  • Un pacte interreligieux pour le 1er août 2016

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    En ce jour de fête nationale, nous nous souvenons que l’adage « Un pour tous, tous pour un » est aussi une des devises de la Suisse. C’est pourquoi dans ces moments où la folie meurtrière de quelques-uns, instrumentalisés par des forces destructrices qui abusent de références religieuses, sème la terreur et la mort, nous voulons réactualiser le Pacte confédéral du 1er août 1291 de la manière suivante :

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  • Au-dela des différences, oser la rencontre!

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    Flyer rallye Plan-les-Ouates - web.pngSe rencontrer plutôt que s’éviter, apprendre à mieux se connaître plutôt que s‘ignorer, découvrir ce qui se vit dans différentes cultures ou traditions plutôt que d’en rester à des préjugés nourrissant certaines peurs, voici ce qui a motivé un projet de rallye interculturel et interreligieux qui aura lieu ce dimanche 29 mai à Plan-les-Ouates.

    Expérimenté une première fois l’automne dernier dans le quartier des Pâquis, il a intéressé les autorités et de nombreuses associations de Plan-les-Ouates qui ont souhaité pouvoir l’adapter au contexte de cette cité suburbaine en plein développement.

    Dans une actualité marquée à la fois par de nouvelles migrations ou par les débats sur la place du religieux dans l’espace public, ce rallye vient proposer une démarche conviviale et festive apte à nous ouvrir à l’autre différent et pourtant tellement semblable.

    Dès 13h30, un parcours est proposé depuis la Salle Communale de Plan-les-Ouates, sur la Place des Aviateurs et autour de la route de Saint Julien, visitant les différents partenaires du projet, avec des postes thématiques et ludiques pour découvrir la richesse de nos traditions d’ici et d’ailleurs. Diverses animations, de la musique, entre autre les Bands de la Musique municipale de Plan-les-Ouates et le choeur « les Chants de la Terre » accompagneront ce rallye piéton. Un buffet interculturel conclura cet après-midi festif.

     Entrée libre et gratuite pour petits et grands !

    www.interreligieux.ch/rallye

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  • Chez moi, partout où un chez nous est possible !

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    emiliano.jpgJe profite de ce samedi après-midi grisâtre et froid pour écouter le magnifique disque enregistré par Emiliano Gonzalez, Mathilde Etienne, et quelques autres excellents musiciens et chanteurs de leurs amis pour le spectacle Te recuerdo qui a été présenté il y a quelques jours au Forum Meyrin. Quels beaux arrangements et quelle belle interprétation de ces chants de Victor Jara cruellement torturé et assassiné par les troupes de Pinochet en 1973!

    Et je lis en les écoutant l'essai de Marion Muller-Colard "Le complexe d'Elie, politique et spiritualité" (Editions Labor et Fides)l. Une citation de l'auteure retient mon attention et fait écho à cette musique:
    "... au fond de moi une évidence: on pourra bien se poser des questions de territoire et de propriété, de privé et de public, on pourra avoir un chez-soi et le courage de le quitter, la frontière ne sera jamais si hermétique qu'elle n'y paraît. En vérité, je me sens chez moi partout où un chez nous est possible... (p. 35)

    Une enfant d'Alep disait hier soir en pleurs devant sa maison détruite par les bombes: "Qu'est-ce que je vous ai fait?". Cette vérité du "chez nous" ne nous permettrait-elle pas d'avoir un autre regard sur nos vies et nos engagements? Ne vous amènerait-elle pas à vivre de nouvelles solidarités avec les réfugiés qui n'ont plus de chez soi à cause des marchands de guerre?

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  • Que pourrions-nous dire qui n'a déjà été dit?

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    Que pourrions-nous dire qui n'a déjà été dit?
    Quelle prière qui n'a déjà été faite ?
    Quel silence qui n'a déjà été vécu ?
    Quel cri qui n'a déjà été entendu?
    Quelles larmes qui n'ont déjà coulé?

    Etienne Barilier cite dans un récent article une phrase de Montesquieu dans son Esprit des lois: "Il faut toujours faire honorer la divinité, et ne la venger jamais." Et il poursuit en disant: "Venger Dieu" est un contresens, d'abord parce que c'est une conception bien puérile, humaine et trop humaine... mais surtout parce qu'un Dieu digne de ce nom ne cherche pas la "vengeance"... Quelle honte pour nous, d'imaginer un Dieu qui soit à l'image de nos sentiments les plus bas!... Un Dieu qui se venge est donc une idiotie doublée d'une infamie..."

    Avec en plus, pour conséquence d'une telle ineptie, tant de victimes innocentes de par le monde.

    Certes il y a des injustices qui créent des rancœurs, des rejets et il convient de traiter le mal à la racine par des politiques socio-éducatives sachant prendre en compte ces réalités plutôt que de laisser ces situations se pourrir. Rien de pire pour que la haine s’immisce dans les cœurs et qu'ensuite des manipulateurs de consciences et de "mauvaise" foi s'en saisissent.  Car poser des bombes, ce n'est pas résister ni combattre pour la justice. C'est juste tuer ce qu'il y a de plus sacré aux yeux même de Dieu: la personne humaine.

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