30/07/2016

Un pacte interreligieux pour le 1er août 2016

En ce jour de fête nationale, nous nous souvenons que l’adage « Un pour tous, tous pour un » est aussi une des devises de la Suisse. C’est pourquoi dans ces moments où la folie meurtrière de quelques-uns, instrumentalisés par des forces destructrices qui abusent de références religieuses, sème la terreur et la mort, nous voulons réactualiser le Pacte confédéral du 1er août 1291 de la manière suivante :

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24/05/2016

Au-dela des différences, oser la rencontre!

Flyer rallye Plan-les-Ouates - web.pngSe rencontrer plutôt que s’éviter, apprendre à mieux se connaître plutôt que s‘ignorer, découvrir ce qui se vit dans différentes cultures ou traditions plutôt que d’en rester à des préjugés nourrissant certaines peurs, voici ce qui a motivé un projet de rallye interculturel et interreligieux qui aura lieu ce dimanche 29 mai à Plan-les-Ouates.

Expérimenté une première fois l’automne dernier dans le quartier des Pâquis, il a intéressé les autorités et de nombreuses associations de Plan-les-Ouates qui ont souhaité pouvoir l’adapter au contexte de cette cité suburbaine en plein développement.

Dans une actualité marquée à la fois par de nouvelles migrations ou par les débats sur la place du religieux dans l’espace public, ce rallye vient proposer une démarche conviviale et festive apte à nous ouvrir à l’autre différent et pourtant tellement semblable.

Dès 13h30, un parcours est proposé depuis la Salle Communale de Plan-les-Ouates, sur la Place des Aviateurs et autour de la route de Saint Julien, visitant les différents partenaires du projet, avec des postes thématiques et ludiques pour découvrir la richesse de nos traditions d’ici et d’ailleurs. Diverses animations, de la musique, entre autre les Bands de la Musique municipale de Plan-les-Ouates et le choeur « les Chants de la Terre » accompagneront ce rallye piéton. Un buffet interculturel conclura cet après-midi festif.

 Entrée libre et gratuite pour petits et grands !

www.interreligieux.ch/rallye

30/04/2016

Chez moi, partout où un chez nous est possible !

emiliano.jpgJe profite de ce samedi après-midi grisâtre et froid pour écouter le magnifique disque enregistré par Emiliano Gonzalez, Mathilde Etienne, et quelques autres excellents musiciens et chanteurs de leurs amis pour le spectacle Te recuerdo qui a été présenté il y a quelques jours au Forum Meyrin. Quels beaux arrangements et quelle belle interprétation de ces chants de Victor Jara cruellement torturé et assassiné par les troupes de Pinochet en 1973!

Et je lis en les écoutant l'essai de Marion Muller-Colard "Le complexe d'Elie, politique et spiritualité" (Editions Labor et Fides)l. Une citation de l'auteure retient mon attention et fait écho à cette musique:
"... au fond de moi une évidence: on pourra bien se poser des questions de territoire et de propriété, de privé et de public, on pourra avoir un chez-soi et le courage de le quitter, la frontière ne sera jamais si hermétique qu'elle n'y paraît. En vérité, je me sens chez moi partout où un chez nous est possible... (p. 35)

Une enfant d'Alep disait hier soir en pleurs devant sa maison détruite par les bombes: "Qu'est-ce que je vous ai fait?". Cette vérité du "chez nous" ne nous permettrait-elle pas d'avoir un autre regard sur nos vies et nos engagements? Ne vous amènerait-elle pas à vivre de nouvelles solidarités avec les réfugiés qui n'ont plus de chez soi à cause des marchands de guerre?

23/03/2016

Que pourrions-nous dire qui n'a déjà été dit?

Que pourrions-nous dire qui n'a déjà été dit?
Quelle prière qui n'a déjà été faite ?
Quel silence qui n'a déjà été vécu ?
Quel cri qui n'a déjà été entendu?
Quelles larmes qui n'ont déjà coulé?

Etienne Barilier cite dans un récent article une phrase de Montesquieu dans son Esprit des lois: "Il faut toujours faire honorer la divinité, et ne la venger jamais." Et il poursuit en disant: "Venger Dieu" est un contresens, d'abord parce que c'est une conception bien puérile, humaine et trop humaine... mais surtout parce qu'un Dieu digne de ce nom ne cherche pas la "vengeance"... Quelle honte pour nous, d'imaginer un Dieu qui soit à l'image de nos sentiments les plus bas!... Un Dieu qui se venge est donc une idiotie doublée d'une infamie..."

Avec en plus, pour conséquence d'une telle ineptie, tant de victimes innocentes de par le monde.

Certes il y a des injustices qui créent des rancœurs, des rejets et il convient de traiter le mal à la racine par des politiques socio-éducatives sachant prendre en compte ces réalités plutôt que de laisser ces situations se pourrir. Rien de pire pour que la haine s’immisce dans les cœurs et qu'ensuite des manipulateurs de consciences et de "mauvaise" foi s'en saisissent.  Car poser des bombes, ce n'est pas résister ni combattre pour la justice. C'est juste tuer ce qu'il y a de plus sacré aux yeux même de Dieu: la personne humaine.

04/11/2015

Vernissage expo calendrier interreligieux

WP_20151103_21_18_19_Pro.jpgMardi 3 novembre a eu lieu à l'Espace Fusterie le vernissage de l'exposition consacrée aux 20 ans du Calendrier interreligieux de Genève, en présence de près de 200 personnes et des autorités du Canton et de la Ville de Genève.

Madame Esther Alder, Maire de la Ville de Genève et Monsieur Pierre Maudet, Conseiller d'Etat, en charge du Bureau de l'Intégration, ainsi que Monsieur Sami Kanaan ont prononcé des allocutions remarquées. Le Conseiller d'Etat a annoncé le très prochain dépôt d'une loi sur la laïcité qui prendra en compte la reconnaissance des communautés religieuses et du rôle qu'elles peuvent jouer de manière constructive dans la Cité.

Madame la Conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta était aussi présente pour cette partie officielle de la soirée lors de laquelle le Professeur Jean-Claude Basset a rappelé les origines du calendrier interreligieux, son développement et son avenir. Monsieur Yves Dutoit, directeur des Editions AGORA qui publient le calendrier a également présenté le projet pédagogique qui soutient ce projet.

Après un buffet préparé par les différentes communautés membres de la Plateforme, la soirée s'est terminé par un magnifique concert interculturel.

Pour plus d'informations, voir www.interreligieux.ch

02/11/2015

Manifestation méditative pour la Terre

24meditation.jpgCela n'a pas fait la "une" de la Tribune de Genève et pourtant plusieurs centaines de personnes ont participé dimanche dernier aux 24 heures de méditation pour la Terre en lien avec le Rassemblement mondial qui a eu lieu dans plus de 50 pays pour témoigner que la Terre est sacrée à un mois de la Conférence sur le climat (COP 21).

Tout a commencé sous le chêne millénaire du jardin botanique où Philippe Roch et le Rabbin Marc-Raphaël Guedj ont accompagné de quelques paroles de sagesses une première méditation. Ensuite rassemblés à la Place des Nations aux sons de la flûte de pan de Michel Tirabosco, les méditants on marché jusqu'au Temple de la Fusterie où les temps de méditations, de musiques et de tables rondes se sont poursuivis toute l'après-midi, la soirée et la nuit jusqu'au lundi matin.

J'ai été impressionné par la force paisible de ce rassemblement, ouvert à la diversité des démarches de méditation, qu'elles soit proposées par des "guides" spirituels ou par des enseignant-e-s ou des pratiquant-e-s d'autres formes d'approches telles que le développement de la pleine conscience. Se sentant concernés par l'avenir de notre planète, les uns et les autres ont démontré que la méditation ne s'opposait pas à l'action et qu'elle était au contraire un support indispensable pour enraciner nos actes et leur permettre de trouver les sources nécessaires pour les soutenir durablement.

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31/08/2015

Le calendrier interreligieux fête ses 20 ans

C’est sur une idée de la Plateforme interreligieuse de Genève qu’a été lancée en 1995 la première édition du calendrier interreligieux. La publication annuelle du calendrier est réalisée depuis lors par les Editions AGORA de Lausanne (anciennement Enbiro). En collaboration avec les Départements de l’instruction publique (à la notable exception de Genève !), ces éditions produisent et promeuvent des moyens pour l’enseignement dans le cadre des cours d’éthique et de cultures religieuses tels que défini dans le Plan d’étude romand.

A Genève, la Plateforme interreligieuse continue à collaborer avec ces éditions, en particulier pour la diffusion du calendrier dans notre canton. C’est un outil magnifique pour apprendre à mieux connaître la diversité culturelle et religieuse et cela concerne un public bien plus large que le seul milieu scolaire.

Pour  son 20e anniversaire le calendrier qui vient de paraître  nous  convie  à un véritable tour du monde des fêtes religieuses et civiles! Illustré par  de magnifiques photos, le calendrier 2015-2016 «Un monde en fêtes» montre la riche diversité culturelle et l’universalité des pratiques festives. Il est complété par un dossier de 56 pages rédigé par d'éminents spécialistes – qui présente de manière didactique et attrayante les calendriers des traditions religieuses de l’humanité ainsi que leurs principales fêtes.

Et pour qui voudrait retrouver les thèmes explorés ces dernières années, découvrir diverses ressources pédagogiques ou encore s'abonner pour être informé par courrier électronique des dates des fêtes à venir, rendez-vous sur le site internet accessible via un code personnel.

En lien avec ce calendrier, la Plateforme va organiser diverses manifestations, en particulier pendant la semaine suisse des religions en novembre prochain. Pour promouvoir la diversité et le dialogue interculturel et interreligieux, il est indispensable de pouvoir se rencontrer, mieux se connaître dans un respect qui va au-delà d’une simple tolérance plus ou moins polie et qui ne doit pas empêcher de pouvoir s’interpeller de manière sérieuse et exigeante.

Pour plus d’informations : www.interreligieux.ch

06/04/2015

Plaidoyer pour l’angélisme !

Il arrive bien souvent que lorsque des personnes mènent une action pour défendre des sans-travail ou des sans-logis dépossédés d’un minimum vital, des requérants d’asile déboutés, des Roms rabroués, bien des politiciens sérieux et consciencieux qualifient leurs action d’ « angélisme ». Du point de vue qui est le leur, je peux les comprendre. Ils se doivent de faire preuve de réalisme, de tenir compte des lois et de la majorité de l’opinion publique qui soutient leur détermination. J’aimerais pourtant, en ce lendemain de Pâques, faire un plaidoyer pour l’angélisme.

Dans le récit de la résurrection rapporté par l’Evangile de Matthieu, un ange se trouve assis sur la pierre roulée qui auparavant fermait le tombeau. Comme si cet ange permettait d’éviter que la pierre vienne refermer cette ouverture et écraser l’espérance d’une réalité nouvelle née à l’aube de ce matin-là.

Non pas que cette réalité autre, que Jésus évoquait aussi en parlant du « Règne de Dieu », vienne bouleverser ou transformer du jour au lendemain le quotidien. Elle vient toutefois déranger notre tranquillité et nos certitudes, nous interpeller pour ne pas toujours nous satisfaire d’un légalisme qui ne tient pas compte de ce que peuvent vivre les victimes de violences, d’injustices et de toutes sortes de misères trop souvent induites par des recherches de profits des plus forts et des plus riches que nous sommes. Une autre réalité qui trouve un écho jusque dans le préambule de notre Constitution fédérale : « …sachant que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres… »

L’angélisme ne pourrait-il donc pas nous permettre de retrouver de temps à autre un peu d’humanité dans la froideur de nos raisonnements et de nos décisions ? Nous pouvons bien taxer d’angélisme ou de rêveries Saint-François d’Assise et Sainte Catherine de Sienne, Mère Teresa ou Martin Luther King, le Dalaï Lama ou Florence Nightingale, et bien d’autres encore, connus et anonymes d’hier et d’aujourd’hui, de toutes fois ou convictions, il n’empêche que les uns et les autres ont résisté face à de dures réalités pour tenter d’y mettre un peu de lumière, de tendresse et de dignité. Et nous ne pouvons que leur en être reconnaissants.

Comme le disait Georges Haldas dans une interview parue en 2002 : "Cette vie de résurrection telle qu'elle est ouverte par le Christ, commande une manière d'être qui se prépare maintenant en choisissant de vivre une vie de relations marquées par l'anti-puissance, par l'anti-meurtre, par une manière de vivre bénéfique pour autrui." Encore une vision angélique qui peut non seulement inspirer notre action mais aussi s’opposer aux terroristes fondamentalistes qui instrumentalisent les désespoirs et les religions pour creuser des fosses communes.

16/03/2015

Apprendre l’histoire pour combattre les préjugés

L’exposition BESA, présentée la semaine dernière à la salle du Faubourg et ce dimanche dans les locaux de l’association des musulmans albanophones, nous a permis de découvrir une page d’histoire oubliée : celle de centaines de juifs sauvés de l’extermination par des familles albanaises musulmanes pendant la dernière guerre mondiale, souvent en nh'hésitant pas à mettre leurs propres vies en danger.

Cette exposition a aussi permis des rencontres étonnantes entre rabbins et imams, entre membres des communautés juives et musulmanes, entre habitantes et habitants de Genève qui débattaient ensemble sur les questions du respect, de la solidarité et de l’intégration en cherchant à débusquer les stéréotypes et les préjugés qui trop souvent font obstacles à la rencontre de l’autre. Le concert qui a réuni un pianiste suisse, une chanteuse albanaise et un musicien yiddish a aussi représenté un temps fort de l’exposition montrant à quel point la rencontre des cultures dans leurs diversités peut constituer un enrichissement pour les uns et pour les autres.

Nous avons vu à quel point l’histoire peut nous apprendre à remettre en question les regards que nous pouvons avoir et nous interpeller sur la manière de vivre des solidarités engagées dans notre vivre ensemble. Une démarche à contre-courant de mouvements qui tentent d’instrumentaliser des peurs pour rejeter et exclure. Il conviendrait de mieux faire connaître ces évènements, de faire circuler une exposition telle que celle-ci dans les écoles et d’autres lieux publics pour qu’elle puisse interpeller encore plus largement nos concitoyens et nous aider à changer nos points de vue.

La semaine de lutte contre le racisme qui a lieu cette semaine est aussi l’occasion de faire une telle démarche et des rencontres constructives pour construire notre avenir ensemble.

Plus d’informations sur l’exposition : http://www.besa-expo.ch/expo/?lang=fr

Et sur la semaine contre le racisme : http://www.semainecontreleracisme.ch/fr/programme/geneve/

09/02/2015

Du bon usage des deniers publics: des règles à revoir !

Comme tout contribuable, j’apprécie que l’Etat se soucie du bon usage des deniers publics. Je suis reconnaissant de pouvoir profiter de nombreux services pour moi-même ou pour ma famille grâce aux moyens que nos contributions permettent au canton et aux communes de réaliser tout au long de l’année et je ne suis donc pas de ceux qui se plaignent constamment des impôts.

Ceci dit, comme le demande la constitution genevoise, l’activité publique doit être pertinente, efficace et efficiente (art. 9.4). Ce que j’ai vu et entendu dimanche soir à l’émission de la RTS « Mise au point » m’interroge :

http://www.rts.ch/emissions/mise-au-point/6391197-grippe-...

Peut-on parler d’une bonne gestion des deniers publics lorsque le canton attribue des mandats à des entreprises qui font de la sous-enchère salariale avec pour conséquence que des personnes expérimentées se retrouvent au chômage ou à l’assistance ? Cette manière de faire coûte au final bien plus cher à l’Etat. Il doit non seulement verser des prestations aux personnes victimes de cette pratique, mais encore payer d’autres fonctionnaires pour assurer le suivi de ces dossiers. Et, plus grave encore, il précarise des personnes qui étaient parfaitement intégrées dans le monde du travail et contrevient ainsi au droit fondamental à un niveau de vie suffisant prévu dans cette même constitution !

24/12/2014

Ne crains pas de sortir de l'obscurité !

 Les longues nuits de l'hiver nous font penser à toutes celles et tous ceux qui vivent dans l'obscurité des guerres, des violences et des ruptures. Parfois il nous semble même que les puissants se complaisent à la noirceur plutôt que choisir de suivre comme les mages une étoile lumineuse pouvant conduire vers l'aube d'un jour nouveau. Il nous faut des veilleurs d'aube pour nous ouvrir d'autres horizons et d'autres perspectives.

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01/12/2014

Préparer ses funérailles: pas une si bonne idée !

Dans son édition du 27 novembre, la Tribune de Genève a fait paraître un article indiquant de plus en plus de personnes préparent leurs funérailles de leur vivant. Il arrive même que certaines laissent des consignes très précises sur un site internet.

Ce qui m’interpelle, c’est qu’il semble que la raison invoquée pour justifier cette pratique soit celle de décharger ses proches. Pour ma part j’ai pu constater au contraire que cette manière de verrouiller ses dernières volontés embarrassait plus qu’elle ne soulageait. Pour diverses raisons probablement, mais surtout parce qu’à mon avis un service funèbre est l’affaire des vivants et non pas de la personnes décédée !

Préparer ce moment, qu’elle que soit sa forme, fait partie pour la famille et les proches du processus du deuil. Etre privé de cette opportunité à cause d’un cadre trop rigide fixé par une personne qui n’est plus là pour en parler peut susciter beaucoup d’insatisfactions et de frustrations. Je me demande donc si cette volonté de tout maîtriser, y compris ses funérailles, ne conduit pas à des abus de pouvoir finalement dommageables pour les survivants.

N’est-ce pas aussi une manière d’éviter de parler de sa mort de son vivant avec celles et ceux qu’on aime par crainte de déranger, de se confronter à une réalité difficile, de partager des émotions ? Dans un tel échange il serait pourtant possible de partager sur les désirs et les besoins des uns et des autres, d’en tenir compte et de se faire ensuite confiance sans forcément chercher à prévoir un ordonnancement rigide ne tenant absolument pas compte de la situation et des circonstances au moment venu.

La mort n’est pas une affaire privée. Elle touche de diverses manières toutes celles et tous ceux avec qui j’ai cheminé. Ils ont donc leur mot à dire, ils doivent avoir la possibilité de se recueillir et de faire mémoire en tant compte de leur propre sensibilité, de leur spiritualité et de leurs émotions. C’est la raison pour laquelle je suis aussi assez réservé, sauf dans des situations très particulières, sur les cérémonies dans l’intimité de la famille. Les amis d’un défunt, ses collègues ou ses voisins, ont aussi le droit de pouvoir partager ce moment de l’adieu. Les priver de cette possibilité consiste à ignorer les liens tissés tout au long d’une vie et ce qui justement fait la grandeur et la dignité de nos existences.

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous renvoie à l’ouvrage : « Souviens-toi de vivre, faire face à sa mortalité » que j’ai écrit il y a quelques années avec trois autres amis. Il est téléchargeable sur le site www.savourerlavie.org

01/09/2014

Retrouver le sens des priorités

Dans un article paru il y a déjà 5 ans dans le journal Le Monde, sous le titre "Vivre la sobriété heureuse* le philosophe et essayiste Patrick Viveret nous rappelait que l'absence de sagesse et de vraie spiritualité nous faisait perdre la réflexion éthique et oublier le sens des priorités. Avec pour conséquence de nous entraîner dans une démesure ayant pour objectif de nous distraire de nos malaises existentiels et sociétaux. Il vaut la peine d'être interpellés par un extrait de son article ci-dessous qui met en évidence les moyens mis à disposition de cette course à la démesure alors que l'on délaisse la résolution des besoins fondamentaux qui seule permettrait un développement de l'être et d'un mieux vivre ensemble solidaire. Ce changement de regard, tant au niveau de la personne que de l'action socio-politique ne serait-il pas la meilleure prévention aux replis identitaires et à la montée des fanatismes qui prennent appui sur les injustices et les déséquilibres provoqués par le refus actuel des limites et de notre condition humaine?

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21/08/2014

Un impressionnant rassemblement de solidarité avec les minorités persécutées en Irak

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Le mercredi 20 août a été organisé à l'initiative de la plateforme une veillée de solidarité en soutien aux minorités persécutées et pourchassées au Nord de l'Irak et dans d'autres régions. Une foule recueillie a d'abord formé un cercle de solidarité sur la place de la Fusterie. Lorsque les cloches ont sonné, les gens de toutes religions ou croyances, de diverses origines et cultures sont entrés dans le temple pour une veillée très émouvante avec des temps de paroles, de prières et des méditations musicales.

Les témoignages d'une famille de Yazidis et d'une famille chrétienne du nord de l'Irak ont particulièrement touché les 400 à 500 personnes rassemblées à cette occasion. L'appel avait été transmis le dimanche précédent dans les paroisses des diverses communautés ainsi que sur les réseaux sociaux et dans la presse locale.

L'intensité de cet événement a aussi été dû au rassemblement  de tant de personnes de communautés différentes à l'appel du Comité qui l'a organisé et qui s'est étoffé au fil des jours.

Le photographe Demir Sömnez a fait un reportage de cette veillée sur son blog (cliquez ici)

14/08/2014

IRAK : VEILLÉE DE SOLIDARITÉ

Un Comité formé de responsables d’Eglises protestante, catholique-romaine, catholique- chrétienne, orthodoxes et épiscopalienne à Genève, de représentant-e-s de la communauté des Yazidis en Suisse, de membres de diverses associations musulmanes à Genève, de membres de la Plateforme interreligieuse de Genève et de l’Association pour l’Appel spirituel de Genève, invite la population genevoise à une

VEILLÉE DE SOLIDARITÉ AVEC LES COMMUNAUTÉS POURCHASSÉES EN IRAK ET AILLEURS

avec une rose blanche, signe de compassion et de paix

 MERCREDI 20 AOÛT 2014 A LA PLACE DE LA FUSTERIE

dès 18h00 : chaîne de solidarité autour de la Place

de 18h30 à 20h : recueillement interreligieux à l’Espace Fusterie

Face aux événements tragiques qui se déroulent actuellement dans diverses régions du monde et en particulier dans le nord de l’Irak, nous souhaitons par cette veillée exprimer notre solidarité avec toutes les minorités victimes d’actes cruels, de persécutions et d'assassinats, obligées de fuir leurs maisons et villages pour sauver leurs vies.

Venez participer à ce moment, si vous le pouvez avec une rose blanche.

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30/07/2014

Le respect des minorités en péril

Dans le préambule de la nouvelle constitution genevoise, il est affirmé que nous souhaitons un Etat « fondé sur les décisions de la majorité et le respect des minorités ». A voir les évènements tragiques qui se déroulent sous nos yeux dans le monde, je pense que les constituants dont j’étais auraient dû mettre le respect des minorités comme condition première.

Il est en effet facile aux majorités d’imposer leurs choix et leurs lois. Mais si nous voulons que cela ne se fasse pas au détriment de la paix sociale et ne débouche pas sur des discriminations sources d’injustices et d’exclusions, ces majorités doivent absolument s’engager à reconnaître les minorités, respecter leurs libertés fondamentales en matière d’expression, de croyance ou de religion. Elles doivent faire preuve de leurs responsabilités en garantissant, sans aucun compromis, la dignité humaine de chaque personne, qu’elle que soit son origine, son statut ou sa condition.

Ce qui complique les choses c’est qu’il y a me semble-t-il des majorités de droit, démocratiquement élues, et des majorités de fait qui s’imposent par la force et la violence. On attribue parfois les causes de l’émergence de ces mouvements intégristes à des injustices préalablement commises par les pouvoirs en place. Certes, mais ceci n’excuse en rien les abus de ces fanatiques envers d’autres minorités qui ne partagent pas leurs convictions politiques ou religieuses et qui le plus souvent exploitent la misère des gens pour parvenir à leurs fins.

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21/07/2014

Appel pour la paix au Proche-Orient

Après consultation entre eux, quelques membres de l’Appel spirituel de Genève ou de la Plateforme interreligieuse de Genève se sont mis d’accord sur un Appel à la paix que vous trouverez ci-dessous et qui se trouve également sur la page d’accueil du site www.interreligieux.ch. Il ne s’agit pas d’une déclaration politique mais d’un message spirituel qui souhaite prendre en compte les souffrances provoquées par l’usage de la force aveugle des armes et qui demande que tout soit fait pour prendre enfin  le chemin d’une paix équitable et durable dans cette région en particulier.

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23/04/2014

Soeur Bernadette

Quelques semaines après son nonantième anniversaire, elle a rendu son dernier souffle pendant les alléluias de la messe de Pâques. Célébration vécue dans le home médicalisé du vieux Fribourg où elle résidait depuis 6 ans suite à un AVC qui l’avait contrainte à ralentir sa marche et à faire retraite, plutôt que la prendre. Car chez les sœurs de la charité de St-Vincent de Paul le désir d’aller à la rencontre des autres, en particulier des plus démunis, ne s’éteint pas tant que la vie est là. Et lorsqu’elles n’ont plus la force d’agir elles-mêmes, elles soutiennent les autres qui s’y engagent par leurs prières et leurs mots d’encouragement.

Il y a 25 ans c’est avec Sœur Bernadette que nous avons commencé le travail de l’AGORA (aumônerie œcuménique auprès des requérants d’asile). Lorsque je l’ai rencontrée pour la première fois, grâce à l’Abbé André Fol qui l’avait proposée à son église pour qu’elle se joigne à notre équipe œcuménique, je me demandais comment cette petite sœur, qui avait été camarade d’école de ma mère, apparemment plutôt discrète et timide,  allait faire face à ce monde de l’asile déjà si chahuté et plein d’embûches.

Mais rien n’arrêtait Bernadette lorsqu’il s’agissait d’aller à la rencontre de ces personnes en quête d’un peu de sécurité et lorsqu’il fallait défendre leur dignité et leurs droits. A la casagora  - container que nous avions placé devant le centre d’enregistrement de Carouge pour offrir un premier accueil à des personnes le plus souvent désorientées à la suite de voyages épiques voire dramatiques, Sœur Bernadette était une vraie Mère Courage avec toutes les personnes bénévoles qui l’avaient rejointes.

Bernadette a été un vrai cadeau pour nous. Elle n’aurait pas forcément aimé que je lui rende ainsi un hommage public, mais je trouve qu’il faut dire que dans notre Suisse il y a encore des personnes qui savent ce que le mot « accueil » signifie et qui n’hésitent pas à faire des gestes de générosité sans calcul et sans arrière-pensées. Laissons-nous donc inspirer par elles plutôt que d’être menés par nos peurs et nos préjugés.

03/02/2014

Tromperies sur la proportion des étrangers en Suisse

A chaque votation portant sur la thématique de la population étrangère, l'argument de la proportion des étrangers dans notre pays, soi-disant bien plus élevée que dans les autres pays revient constamment. C'est de la désinformation pure étant donné que ceux qui avancent ces chiffres ne tiennent absolument pas compte du fait que les délais pour demander une naturalisation en Suisse, même en procédure facilitée, sont deux à trois fois plus longs qu'ailleurs. Si nous étions donc en France, en Grande-Bretagne, voire même en Allemagne, avec la même population nous aurions 30 à 50% d'étrangers en moins car tous les autres seraient déjà naturalisés !

Cette politique restrictive de naturalisation prive par ailleurs de droits politiques de nombreuses personnes qui habitent, travaillent, payent des impôts, contribuent à l'équilibre de notre démographie et de nos assurances sociales, etc. Car non seulement les délais pour déposer une demande de naturalisation sont trop long, mais ensuite la procédure s'étend encore sur plusieurs années ! Et bien entendu ceux qui s'opposent à raccourcir les délais pour la naturalisation sont aussi ceux qui font tout pour que les étrangers ne puissent avoir accès aux droits politiques communaux et cantonaux pour pallier en partie à cette exclusion intolérable dans un pays qui se vante de son système démocratique. Cela leur permet de continuer d'affirmer de manière mensongère que leur proportion est trop élevée et de lancer à tour de bras des initiatives destructrices pour notre avenir, pour notre économie, pour les Suisses et pour les étrangers.

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18/11/2013

Votre antivirus a été mis à jour !

Tous les deux jours je reçois un message sur mon ordinateur pour signaler que mon antivirus a été mis à jour. C’est impressionnant de voir à quelle vitesse se propagent des chevaux de Troie et autres programmes malveillants qui tentent de venir polluer nos appareils. Quelles sont les motivations malsaines qui animent leurs créateurs ? Quels buts poursuivent-ils au juste ? Nul ne le sait vraiment mais cela révèle probablement cette propension à détruire qui colonise  trop souvent l’âme humaine.

Merci donc à celles et ceux qui si rapidement mettent à jour les pare-feux, tout en espérant que certains ne sont pas de mèches avec les premiers pour développer leur commerce ! Je me dis cependant que nous aurions aussi besoin d’antivirus régulièrement mis à jour dans bien d’autres domaines de nos vies.

En assistant dimanche soir au Requiem allemand de Brahms interprété par l’Atelier choral au Temple de la Madeleine, je suis retombé sur ces paroles du Psaume 39 qui en font partie : « Seigneur fais-moi reconnaître que mon existence a une fin… Tous les humains, pourtant si sûrs d’eux, ne sont qu’un souffle. Ils marchent comme des ombres et s’agitent en vain ; ils amassent des biens et ne savent pas qui les recueillera… »

Scepticisme, ou au contraire lucidité qui pourrait justement agir comme un antivirus dans les choix et les priorités, non seulement de nos existences personnelles, mais aussi dans la vie sociale, économique et politique de nos sociétés ? Une parole à lire lors de l’ouverture des séances de conseils d’administration, de Grand Conseil ou de Conseil municipal !